
Toutes les conditions sont théoriquement réunies pour que s’organise, face aux offensives de l’oligarchie, une riposte populaire d’une ampleur inédite. Tous les secteurs sont touchés. Toutes les familles appauvries. Toutes les structures sociales ébranlées.
Après l’annonce, le 7 Novembre dernier, d’un nouveau plan de rigueur destiné à enrichir les banques par le mécanisme pervers de la Dette, beaucoup attendaient encore une réponse unitaire et forte des organisations syndicales. Ils n’en fut rien. De son coté, le mouvement des indignés, entamé depuis déjà plusieurs mois, piétine. D’AG en AG, les rangs s’éclaircissent, et la mobilisation spontanée s’essouffle.
L’oligarchie mondialiste et apatride, dont Sarkozy est en France le représentant, continuera son pillage des patrimoines publics aussi longtemps qu’elle le pourra. S’appuyant sur le viol systématique des souverainetés nationales et sur le mépris affiché de la volonté des Peuples, la domination s’est constituée un auxiliaire aussi zélé qu’anachronique : l’antifascisme.
L’antifascisme est une gangrène intellectuelle. Contaminant les tissus du corps politique contestataire, jusqu’à les nécroser par asphyxie conceptuelle. Faisant appel au réflexe pavlovien et à l’amalgame, l’antifascisme fut sorti du ghetto gauchiste où il croupissait pour devenir l’un des chiens de garde du Système de domination.
L’antifascisme prépare idéologiquement le terrain au mondialisme pour que ce dernier puisse s’imposer en saccageant les souverainetés nationales. Les antifascistes s’acharnent en effet à associer l’idée fondamentale de souveraineté nationale au fascisme, au nazisme et au racisme. Cet insidieux travail de fond se traduit aujourd’hui, chez la plupart des partis politiques, par l’abandon des notions de souveraineté, de nation, voir de frontières. Ce faisant, les antifascistes contribuent activement à la standardisation du discours politique, dont doivent dorénavant être exclues toutes références à la patrie et à la souveraineté, notions pourtant indispensables à la réalisation de la démocratie puisque lui fournissant son seul cadre d’expression historiquement légitime.
Recrutant largement ses adeptes dans les rangs des mouvements de gauche radicale et anticapitaliste, l’antifascisme permet de canaliser cette jeunesse militante dans un faux combat, contre des ennemis qui en vérité n’en sont pas, et l’éloignant ainsi des seuls véritables ennemis du Peuple : les bureaucrates apatrides de l’Union Européenne, du Fond Monétaire International, ou encore de l’Organisation Mondiale du Commerce, qui court-circuitent quotidiennement les démocraties et les souverainetés nationales. Car c’est celui là, le vrai visage du fascisme aujourd’hui. Et si les cravates sombres ont remplacé les chemises brunes, si le son feutré des commissions s’est substitué au fracas des canons, ne nous y trompons pas : c’est une guerre qui est menée, celle d’une oligarchie qui entend imposer une nouvelle féodalité à notre Peuple, aux Peuples d’Europe, et qui a trouvé chez les antifascistes ses nouveaux Kapos.
Cela se traduit en particulier dans le monde syndical, qui brille d’ailleurs en ce moment par sa léthargie, où s’est opéré une évolution notable : la lutte des classes, contre l’exploitation et l’oppression, tend aujourd’hui à être abandonnée au profit d’une lutte contre le fascisme et « l’extrême-droite ». Ce glissement antifasciste arrive à point nommé, au moment précis où le régime oligarchique enchaîne les plans de rigueur et intensifie le processus d’intégration européenne. C’est ainsi que des organisations syndicales en sont arrivées à exclure certains de leurs membres (qui ne sont déjà pas nombreux), sous couvert d’antifascisme, se faisant ainsi objectivement les alliés de la classe dominante puisque refusant de fait de couvrir certains salariés à cause de leurs positionnements politiques.
J’en fis moi-même les frais, et je fais le choix ici d’en exposer les faits parce qu’ils me semblent emblématiques. J’étais salarié depuis près de deux ans dans un centre d’appel d’une grande entreprise de « phoning », pratiquant le « management à l’américaine », et dans laquelle j’avais entrepris diverses actions de résistance dont certaines furent efficaces. Accompagné de collègues, j’ai voulu aller plus loin, en fondant une section syndicale afin d’accentuer ce travail d’organisation collective. Je me suis alors tourné vers le syndicat Solidaires, dont j’avais salué l’intransigeance durant la réforme des retraites. Le 25 Mars 2011, j’étais nommé Représentant de Section Syndicale (R.S.S) dans cette entreprise, comme en témoigne cette lettre signé d’Annick Coupé, porte-parole de Solidaires. Quelques jours plus tard, je suis convoqué par mon employeur qui me notifie mon licenciement, sans préavis ni indemnités. Considérant le caractère abusif de ce licenciement, je me suis alors adressé tout naturellement à mon syndicat. Lors de cette entrevue, il m’a été expliqué par les représentants de Solidaires qu’il n’était pas possible de me maintenir en tant que R.S.S, car j’administre un site (la-dissidence.org) « dont certains des liens mènent à des sites d’extrême-droite », « nauséabonds » (sic) ! Furent notamment cités des liens vers Alain Soral, ou encore Dieudonné, « qui donne une coloration qui pose inévitablement problème », « incompatible avec une responsabilité dans Solidaires ».
Ainsi, une organisation syndicale fait le choix, au nom de l’antifascisme, de cesser de couvrir l’un de ses représentants, au moment précis où celui-ci est licencié par son employeur, vraisemblablement parce que justement il représentait un pôle de résistance à l’exploitation.
A de multiples niveaux, l’antifascisme s’illustre donc finalement comme auxiliaire circonstanciel de la domination oligarchique, que ce soit sur le plan politique ou économique.
Cette contamination des esprits, totalitaire par sa logique pavlovienne d’amalgame, réductrice par son logiciel idéologique aussi dépassé que figé, relève finalement d’un processus pervers de pacification sociale par la diversion et l’aliénation intellectuelle.
Pour remédier à cette gangrène, devra-t-on avoir recours à l’amputation ?
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Vincent Vauclin