Adrien Abauzit : « Du mariage civil à l’union païenne »

Un grave mal entendu est en train de se rependre sur la France : le gouvernement s’apprêterait à instituer le mariage gay. Ceci n’est pas exact. Le gouvernement ne va pas créer un mariage gay à côté du mariage civil classique. Non. Le gouvernement va fusionner le mariage civil classique et le mariage gay, afin de faire naître une nouvelle institution, nommée par lui ridiculement en novlangue « mariage pour tous ».

« Les dieux des païens sont des démons. »
Psaume 96-5

Le passage vers l’ère païenne

L’exposé des motifs de l’avant-projet de loi est d’une parfaite honnêteté :

« Institution pluriséculaire où se reflètent traditions et pratiques religieuses, le mariage est traditionnellement défini comme étant un acte juridique solennel par lequel l’homme et la femme établissent une union dont la loi civile règle les conditions, les effets et la dissolution. […]

Ce mariage laïc, qui pour l’essentiel transpose les règles du droit canon, n’a toutefois pas été défini par le code civil […]. Nulle part n’a été expressément affirmé que le mariage suppose l’union d’un homme et d’une femme. Cette condition découle toutefois d’autres dispositions du code civil.

De fait, jusqu’à une époque récente, l’évidence était telle que ni les rédacteurs du Code, ni leurs successeurs, n’éprouvèrent le besoin de le dire expressément. La différence de sexe n’en était pas moins une condition fondamentale du mariage en droit français, de sorte que son non-respect constituait une cause de nullité absolue du mariage (art 184). »

Le législateur actuel reproche ainsi au mariage civil d’être une transposition du droit canonique dans le droit civil. De cette origine religieuse découlerait une discrimination. Le substrat religieux doit donc être supprimé au nom de l’égalité (que le législateur semble confondre avec la similarité).

Le substrat religieux du mariage n’existera bientôt plus, et puisque l’union n’est plus exclusivement entre un homme et une femme, les deux critères constitutifs du mariage sont appelés à disparaître. Répétons-le : le législateur va créer une institution qui est autre chose que le mariage, une institution complètement laïcisée, vidée de tout caractère chrétien ou monothéiste : une union païenne. Aussi la disparition des termes « père » et « mère » dans le texte de loi est-elle significative du passage à l’ère païenne de notre société. Dans ce nouveau monde anthropologico-social, les époux seront autre chose que des pères et des mères. Quoi d’autre alors ? On ne le sait encore, mais certainement pas des pères et des mères, rôles dévolus dans le cadre d’un mariage normal et vecteurs d’enracinement par transmission des valeurs du passée.

La culture est comme la physique ou le droit, chez eux, le vide n’existe pas. En liquidant les fondements chrétiens de ses institutions, la France ne fait pas que se déchristianiser. Elle quitte quelque chose non pour le vide, mais pour quelque chose d’autre. Ce quelque chose est un nouveau paganisme, un paganisme contemporain, fruit du processus de décivilisation actuel, qui s’illustre également par des choses aussi diverses que le déclin généralisé des arts, la place prise par le football, la disparition progressive de la politesse, de la courtoisie et du patriotisme, le triomphe de farouches ennemis de l’intelligence tels Arthur et Cauet ou encore la condition barbare des racailles.

La France en face

Le mariage pour tous est la ratification d’un état de fait que, telle la lettre volée d’Edgar Poe, nous peinons à voir bien qu’elle soit sous nos yeux : la France n’est plus un pays chrétien, c’est un pays païen. Les racines de la France sont chrétiennes, certes, mais son présent est païen. Il faut le reconnaitre. Combien sont les français soucieux de respecter les impératifs moraux du christianisme ? Combien sont ceux se sentant simplement concernés par eux ? Qui mène sa vie dans un souci de justification ? Qui cherche réellement à gagner le Royaume des cieux ? L’auteur n’est pas dupe, il sait très bien que le simple fait de poser ces questions le fait passer pour un extraterrestre, voire pour quelqu’un de dangereux auprès de ses contemporains et ce y compris, pour ne pas dire surtout, parmi les croyants.

Pour ce qui est des chrétiens, les croyants sont aujourd’hui les plus grands ennemis de la cause de Christ. Ces derniers comme leur nom l’indique prétendent croire, mais sans que cette croyance n’ait rien à changer de leur existence quotidienne. Ils veulent les avantages et rejettent les inconvénients quand cela les arrange, c’est-à-dire quand les convenances bourgeoises du moment rentrent en contradiction avec les prescriptions religieuses.

Votre serviteur, cela n’engage que lui, méprise ouvertement les croyants et leur préfère mille fois les athées/païens, qui eux, au moins, ne vont pas aux deux guichets comme disait Péguy.

Oui les croyants du XXIème siècle sont les pires horreurs de notre temps ; horreur dont le même Péguy, il y a cent ans déjà avait réglé leur compte :

« De toutes les peurs, la plus honteuse est certainement la peur du ridicule, la peur de passer pour un imbécile.

Honte à celui qui renierait son Dieu pour ne point faire sourire les gens d’esprit. Honte à celui qui renierait sa foi pour ne pas donner dans le ridicule, pour ne point prêter à sourire, pour ne point passer pour un imbécile.

Il s’agit de l’homme qui craint, de l’homme qui a peur, du malheureux qui tremble dans sa peur de la peur, de la peur d’avoir l’air, de la peur d’avoir l’air dupe (de ce qu’il dit), de la peur de faire sourire un des augures du Parti intellectuel. Il s’agit de l’homme, du malheureux apeuré, qui regarde de tous les côtés, qui lance timoré des regards circonvoisins pour être bien sûr que quelqu’un de l’honorable assistance n’a point souri de lui, de sa foi, de son Dieu. C’est l’homme qui lance autour de lui des regards préventifs. Sur la société. Des regards de connivence. C’est l’homme qui tremble. C’est l’homme dont le regard demande pardon d’avance pour Dieu ; dans les salons. »

La France donc, n’a que faire du Christ. Dès lors que notre pays n’est plus chrétien, les derniers legs du christianisme doivent tôt ou tard disparaître, tout comme les institutions païennes avaient disparu quand notre monde s’était rallié au langage de la Croix, il y maintenant dix-sept siècles.

Le mariage pour tous ne concerne pas les chrétiens

Cette institution du mariage pour tous, finalement, n’a rien de choquant. Pur produit d’une époque où les cerveaux sont déréglés et qui n’est plus à une aberration anthropologique près, elle s’y inscrit parfaitement. Saint Jean dans son premier épitre, nous explique comment il faut nous situer vis-à-vis de ce qui vient de notre monde : « N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde ; si quelqu’un aime le monde, l’amour du père n’est point en lui » (2 : 15-16).

Les chrétiens n’ont pas à être terrorisés par le mariage pour tous. Ils ont juste à l’ignorer, à s’en tenir éloignés, à ne jamais l’embrasser. Le mariage pour tous vient du monde. Il concerne les païens, non les chrétiens. Si des païens décident de se marier sous un rite païen, libre à eux. Il est même plutôt honnête qu’un païen ne feigne pas le mariage chrétien. Malentendu, ambiguïté et subversion sont ainsi évités.

D’un certain point de vue, le mariage pour tous est même une excellente chose pour la tradition puisque, le mariage civil classique n’existant plus, ceux qui désireront ne pas se soumettre à un rite païen seront obligés de revenir vers le mariage religieux.

L’auteur de ces lignes, quant à lui, a clairement fait son choix. Très indigne serviteur du Christ de son état, il jure néanmoins solennellement que jamais il ne se mariera sous le régime du mariage pour tous. Car se faisant, il se ferait apostat.

Adrien Abautiz, pour Mecanopolis

Auteur : Dissidence Française

www.la-dissidence.org

Un commentaire

  1. Et pourquoi pas un mariage avec son animal de compagnie pendant que nous y sommes, son chien, son chat ou sa chèvre bêêêêh… Le « mariage pour tous » devrait porter un autre nom, il me semble qu’un PACS amélioré sans aucun doute aurait suffit à sceller l’union homosexuelle plutôt que de galvauder, avilir et dénaturer les fondements de la famille qui sont qu’on le veuille ou non l’union entre deux sexes opposés et complémentaires. Pour ce qui concerne l’homoparentalité, ne doutons pas non plus un instant qu’elle apportera son lot de troubles dans la tête de l’enfant quand il sera en âge de se comparer au reste du monde social, s’en oublier les moqueries de ses petits camarades… de quoi traumatiser et gâcher une vie innocente…

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