warhol-andy-marilyn-monroePour qui veut étudier un snob (éthymologiquement: sans noblesse) dans sa version quasiment chimiquement pur, il suffit aujourd’hui d’observer l’un ou l’autre des membres de ces diverses « sous-cultures » qui pullulent sur le cadavre à demi putréfié de la culture réelle. Codes vestimentaires ultra-rigoureux, name dropping, lieux réservés, vocabulaire spécifique, signes de reconnaissance… tous les éléments de la panoplie clanico-consumériste sont réunis et portés à leur paroxysme. Il faut les voir s’observer mutuellement, commenter leurs déguisements respectifs et analyser leurs diverses mises en scène pour prendre pleinement conscience du caractère impeccablement superficiel de l’appartenance ou non au « groupe ».
Ainsi, faire partie d’une sous-culture, ce n’est pas contester ou refuser le modèle dominant, c’est vouloir se sentir membre d’une caste, si grotesque ou anecdotique soit-elle. L’extension à l’âge adulte de ce symptôme jadis réservé à l’adolescence est d’ailleurs l’un des nombreux stigmates de l’infantilisation terminale de la post-modernité.
Bien qu’ils se méprisent mutuellement avec une implacable vigueur, il n’y a aucune différence de nature entre un fan de Tokyo Hotel, un aficionados des héros Marvel, un Mod’s, un Rockabilly ou un Black Metalleux sataniste, chacun nourrissant sa petite niche egotico-commerciale et participant à la dislocation progressive du corps social dans une multitude de bulles de divertissement qui composent l’artificiel décor d’une démarche para-identitaire de l’ordre de la clownerie satisfaite et arrogante.
Ici, il ne s’agit plus de s’élever « au dessus » en sachant « plus » ou « mieux » qu’un autre mais de se croire ou se prétendre « ailleurs » , en connaissant des « choses » (groupes de musiques, films, marques, auteurs, artistes…) dont l’intérêt et la qualité intrinsèques n’ont aucune importance et qui n’ont en fait comme seule et unique mérite que le fait de ne pas être connues des « autres », de la masse, ou de l’infra-masse de tel ou tel groupe. Le « mainstream », voilà l’ennemi ! On aime alors, ou l’on prétend aimer, des choses que l’on délaisse avec mépris et dégoût dès que celles-ci sont également appréciées d’un nombre trop important d’individus. C’est en fait un besoin frénétique d’une « différenciation » qui n’a d’autre finalité qu’elle-même. Uniquement basée sur le paraître, cette volonté de distinction « visuelle », « cosmétique », n’entraîne bien évidemment aucun comportement véritablement « alternatif » ou original dans le domaine intellectuel ni dans celui de l’éthique ou de la morale, bien au contraire.
Ces petits soldats de la révolution par le look font donc le bonheur des marchands attentifs et empressés de satisfaire leur appétence pour la nouveauté. Des salons de coiffure « underground » aux programmes MTV consacrés au tatouage et au piercing en passant par les magazines spécialisés et l’organisation de concerts, le marché de la « rebellitude » se porte bien, merci pour lui. « L’excentricité » certifiée et « l’anticonformisme » validé ont de beaux jours devant eux, remplissant idéalement leur rôle d’enfumage et de détournement, masquant efficacement les seules véritables contestations : anti-consumérisme, simplicité volontaire, indifférence aux modes, spiritualité, connaissance, charité, humilité et solidarité…

Déniché sur : A moy que chault!

sep2Conseil de lecture : 

Cendres - Croisade contre le monde moderne

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

(2 commentaires)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s