raLe monde moderne est une vaste entreprise de dénaturation de l’homme. Dans son maître livre Révolte contre le monde moderne, Julius Evola avait décrit magistralement la lente involution qui le caractérise à la lumière de la Tradition. Nous croyons désormais que la révolte n’est plus suffisante, il faut partir en croisade contre ce dernier et lui porter atteinte par tous les moyens, partout sur la planète, afin d’en revenir au point d’équilibre originel, c’est à dire faire une révolution.

  • Les caractéristiques du monde moderne

Le monde moderne coagule les hommes pour mieux les dissoudre. Les identités sont redéfinies et réinventées autour de l’argent. Comme l’écrit le trader Satyajit Das dans Extreme money, « l’humanité s’est méprise avec l’argent, il s’agit en réalité d’un lubrifiant de la société et de l’économie mais elle l’a considéré comme une fin en soi. Cela a généré un culte et l’argent est devenu la divinité que l’on idolâtre à tort ». De fait, le monde aujourd’hui ne vit plus qu’au rythme du marché légitimé par l’idéologie des droits de l’homme, véritable Table de la Loi universelle mais à géométrie variable, ultime assise morale du capitalisme-libéral prédateur. Un dogme planétaire chargé de tuer l’identité de tous les peuples afin d’en faire un vaste troupeau de producteurs-consommateurs anonymes, sans patries, sans culture, écrasé par la propagande et abruti par l’industrie de l’hébétude (selon la formule de Renaud Camus), activité de légitimation par excellence du système théorisé lors d’un congrès de la Trilatérale par Kissinger sous le vocable de titytainment (amusement planétaire).

  • L’alibi de la démocratie

Le cœur de la subversion moderne bat au sein de l’Empire américain, même si le cerveau se trouve sur les bords du Jourdain. Lorsque l’Empire souhaite s’ouvrir de nouveaux marchés jusqu’ici fermés ou liquider des puissances qui résistent (Irak, Serbie, Lybie), avant de déclencher sa traditionnelle politique de la canonnière, c’est la démocratie qu’il invoque toujours car il sait qu’elle est de fondation le meilleur paravent de la finance mondiale. La stratégie est bien rodée, il suffit pour cela de diaboliser l’ennemi à abattre en évoquant les hypothétiques atteintes aux droits fondamentaux, de rappeler que les leaders rebelles sont les enfants légitimes d’Adolf Hitler, de convoquer moralement les morts de l’inusable Shoah et le tour est joué… On ne prend pas de gants avec les « monstres » et les dictateurs, même si certains furent les bons amis d’hier et si d’autres, véritables sionistes en djellaba, ayant planté leurs tentes de gaz, méritent que l’Empire ferme les yeux sur l’esclavage et les humiliations perpétuelles dont sont victimes leurs propres concitoyens (Qatar, Arabie Saoudite…). Elle est aussi là la forfaiture de la démocratie !

  • Le contrôle des populations

Le monde moderne ne survit que par cela : pas seulement par les écoutes, les filatures, les surveillances multiples (dont usent et abusent tout État dit de droit) sur d’hypothétiques ennemis d’État parfois astucieusement fabriqués. L’essayiste Éric Werner nous avait bien alertés de ce fait dans son ouvrage incontournable L’Après démocratie. En effet, il faut comprendre que des phénomènes comme le chômage de masse, l’insécurité, le terrorisme forment les meilleurs moyens de contrôler les populations. Comment ? Prenons le cas du terrorisme (souvent suscité pour provoquer des psychoses collectives). Les citoyens ordinaires ne pouvant pas à leur échelle se protéger contre lui, n’ont pas d’autres choix que de faire bloc autour du Système qui, par ailleurs, les anéantit pour lui demander protection contre le terrorisme. Elle a ce visage la subtilité subversive du monde moderne. Elle est de plus en plus souvent fluide, insaisissable, incompréhensible par le commun des mortels que cinquante ans de culture de masse ont totalement dépolitisé. C’est notre tâche de rappeler à notre voisin immédiat quels sont ses devoirs envers la collectivité à laquelle il appartient.

Eugène Krampon,

Editorial du numéro 46 de la revue Réfléchir & Agir (Hiver 2014).

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  • Conseil de lecture : 

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Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

2 commentaires

  1. Ma question sociophilosophique de ce soir: Si la société moderne est une évolution de la société, c’est à dire une évolution de la chose sociale, alors ne peut-il y avoir d’évolution sociale dans le bon sens ? Cette question prend évidement toute son emphase si l’on visionne la remarquable vidéo de Monsieur Cerise ci après…

  2. Bonjour,

    J’ai trouvé, par hasard, cette vidéo-ci qui donne quelques pistes de réflexion:

    Bref, quitte à partir en croisade, autant se renseigner au mieux (*), avant d’identifier les coupables et de juger la bête !

    (*) oui désolé cet homme est un X, pas un enarque ou même un invité de colle-en-tas. Désolé.

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