armee-de-terre

Depuis que Jacques Chirac a supprimé le service militaire obligatoire, en 1996, c’est sur une armée de volontaires que repose la défense de notre pays. C’est une vérité de La Palice, mais… pour avoir une armée de métier, il faut des gens qui veulent entrer dans le métier de militaire. Or, il y en a de moins en moins. Notre confrère L’Opinion notait le 12 mars qu’au mois de février, l’armée, qui avait besoin de 730 engagés, n’en avait trouvé que 716. D’où des déficits en effectifs dans à peu près tous les corps de l’armée.

Il est vrai qu’avec le système informatique Louvois de paie des militaires, abandonné fin 2013, l’entrée dans l’armée commençait mal : erreurs de paie, impayés, trop-perçus à rembourser illico, etc. Il est vrai aussi que la solde augmente peu, et que les « emplois d’avenir » font de la concurrence pour les jeunes qui recherchent du boulot.

Mais, justement, l’armée ce n’est pas – en théorie – un métier comme un autre, un boulot comme un autre. En principe, une armée est au service d’une patrie. En principe. Est-ce encore le cas ? Une partie des armées de la France a été engagée dans des causes douteuses, par exemple en Afghanistan.

Mais surtout, l’essence du métier de soldat, c’est-à-dire du métier de combattant, en fait un métier pas du tout comme les autres. Le métier de soldat repose sur une expérience de la solidarité de groupe. Jesse Glenn Gray avait appris, le même jour de mai 1941, à la fois qu’il était docteur en philosophie et qu’il était incorporé dans l’armée américaine. Quelques mois plus tard, l’Amérique entrait dans la guerre mondiale. Relatant son expérience de la guerre, il écrivait : « D’innombrables soldats sont morts, plus ou moins volontairement, non pour leur patrie, leur honneur ou leur foi religieuse, ou pour tout autre bien abstrait, mais parce qu’ils avaient conscience que, en abandonnant leur poste pour sauver leur vie, ils exposeraient leurs compagnons à un plus grand péril. Le moral du combattant a pour essence cette loyauté envers le groupe. » (Au combat).

Le principe de l’armée, c’est cela, c’est le dépassement de l’individualisme et de l’égoïsme individuel. Au moment où le métier de soldat est réduit à la maîtrise de techniques informatiques, il est bon de le rappeler. L’essence de la guerre n’est pas technique, elle est le sacrifice de soi. C’est une ordalie.

Or, nous sommes loin d’en prendre la mesure. Le soldat est devenu un membre du « personnel » de l’armée, l’armée française, une force d’intervention des droits de l’homme. Mourir pour sa patrie ou pour des idées ? Plus personne ne l’envisage. Quand un soldat meurt, le ministre de la Défense doit faire effectuer une enquête et rendre des comptes. C’est évidemment triste, mais ce n’est pas extravagant qu’un soldat se fasse tuer en opération. Imagine-t-on un alpiniste qui n’envisagerait pas un seul instant qu’il puisse courir un risque ? Même si, bien entendu, il doit chercher, pour lui et pour ses coéquipiers, à minimiser le risque.

Mais, pour envisager qu’un soldat prenne des risques portant sur sa vie, il faut du même coup envisager qu’il puisse se trouver face à des ennemis. Mais dans notre pays, patrie de l’idéologie des droits de l’homme, un soldat français est devenu un super-policier. Quelqu’un qui cherche à appréhender des contrevenants. Il n’y a plus d’ennemis, rien que des délinquants. Même les États qui se sont voulus « ennemis » de l’Occident comme, à un moment, l’Iran de Khomeini, ne sont pas tenus pour des ennemis, mais pour des États voyous. C’est d’ailleurs pire : on peut négocier avec un ennemi, alors que l’on doit arraisonner un délinquant. L’ennemi est devenu introuvable et, par conséquent, comme le dit Robert Redeker, le soldat est devenu « impossible ».

Pierre Le Vigan,

Pour Boulevard Voltaire

sep2

Conseil de lecture : 

livre_putsch

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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