pouruneurasismeeuropeen

« Dans la physique moderne, qui explore principalement des « conditions très déséquilibrées » et des systèmes chaotiques, il y a un terme technique – le « temps Lyapunov ». Il désigne une période où un certain processus (physique, mécanique, quantique, ou même biologique) se développe au-delà des limites de prévisibilité précise (ou probable) et entre dans un mode chaotique. En d’autres mots, la trajectoire du processus est subordonnée à des lois strictes seulement jusqu’à un certain moment dans le temps réel. Au-delà de ce moment, le temps « normal » se termine et le « temps Lyapunov » paradoxal (ou plus précisément le « temps Lyapunov positif ») le remplace. Les caractéristiques de ce « temps » sont très curieuses. A la différence du temps physico-mécanique habituel, qui est considéré dans la physique classique comme une quantité essentiellement réversible (cela signifie que le temps n’est rien d’autre qu’un axe statique, ajoutant une quatrième dimension à l’espace tri-dimensionnel ; voir le modèle éducationnel d’Einstein), le « temps Lyapunov » s’écoule irréversiblement, dans une seule direction, et par conséquent, ne consiste pas en une trajectoire définie une fois pour toutes (dans l’espace quadri-dimentionnel), mais en « évènements », en mouvements compléments imprévisibles, qui sont arbitraires, accidentels, irréguliers. Les processus qui surviennent durant le « temps Lyapunov » sont qualifiés de chaotiques par contraste avec les processus de la mécanique classique. » Alexandre Douguine – Le prophète de l’eurasisme – Partie IV – Essais philosophiques – Le temps Lyapunov – p. 207.

Le conflit ukrainien nous donne l’occasion de souligner à nouveau que pour répondre à l’eurasisme douguinien – comme base théorique pour une Quatrième philosophie politique – et sortir de la Nuit du Libéralisme triomphant (post-libéralisme), il faut lui répondre sur le même plan, sur un plan eurasiste, il faut nous emparer de la grille de lecture, de la méthodologie et de la question eurasiste, la formuler, théoriser un eurasisme français, dissident, un eurasisme pour la Middle Europa, car si, craintifs, conservateurs, nous voyons l’eurasisme uniquement comme une réminiscence de l’impérialisme russo-soviétique, que nous aidons à réactiver le modèle du monde bipolaire de la Guerre froide à travers une reformulation de l’opposition nécessaire au bon fonctionnement du mondialisme qui se résume à l’affrontement extrême – antiradical et antitraditionnel – communisme/national-socialisme, et que nous réduisons donc la voie eurasiste, la Quatrième théorie politique, à un néo-communisme ou un national-bolchévisme 2.0, comme complexe post-impérial et réflexe impérialiste russe, nous travaillons pour les mondialistes, reconstruisons avec eux l’ennemi idéalement nécessaire pour maintenir le statu quo, l’hégémonie du monde unipolaire/bipolaire (Multilatéralisme ?), et c’est ce que l’eurasisme sera, ou ce à quoi il servira.

L’Eurasisme ne peut pas être de la Russie seule sans l’Europe ou de l’Europe seule sans la Russie ; ça n’est pas une convergence mais de grandes retrouvailles continentales que nous préparons. Nous avons besoin d’une Europe indépendante des États-Unis.

Il n’aura échappé à personne que la configuration géopolitique ukrainienne et les enjeux militaires criméens ne permettent pas beaucoup de subtilités à la Russie dans son traitement du conflit quand les États-Unis via l’UE jouent d’une situation politique désastreuse doublement installée pour désigner le Président Vladimir Poutine comme l’ex-futur ennemi soviétique – et comme seul responsable.

Nous, eurasistes européens, pouvons être troublés, comme nos camarades de la Troisième voie et des Cercles non-conformes, par une certaine utilisation, à buts spectalistes strictement propagandistes, de la nocive reductio ad Hitlerum, comme nous l’avons déjà formulé, surtout, quand la théorie d’Alexandre Douguine s’articule autour du concept de post-libéralisme qui implique la caducité – et la connaissance de l’utilisation contre-iniatique par l’empire global – du national-socialisme depuis 1945 et du communisme depuis 1991. Alexandre Douguine, notre professeur en matière d’eurasisme, ne peut donc valider innocemment les anathèmes antifascistes abusivement utilisés par le régime de Vladimir Poutine, qu’il sait factices, comme il ne peut valider que ce que nous désignons clairement comme des infiltrations mondialistes via un pseudo néo-nazisme est du Nationalisme, et en l’occurrence représente tous les nationalistes ukrainiens. Le choix de l’imprécision et d’un certain manichéisme dans une volonté de soutien inconditionnel à la Russie peut amener un glissement vers une confusion des genres incapacitante, permettant la subversion mondialiste et privant la Voie eurasiste de certains alliés objectifs qui, en France et en Europe, souffrent de ces anathèmes d’un anti-racisme institutionnel motivé par ceux-là mêmes qui phagocytent les mouvances nationalistes et traditionalistes, ceux-là mêmes qui utilisent ces mêmes anathèmes contre la Russie de Poutine.

Il s’agirait de rectifier cette position qui n’est pas incohérente dans les faits si l’on nomme les protagonistes tels qu’ils se désignent eux-mêmes, mais qui est incomplète si l’on nomme les protagonistes pour ce qu’ils sont, à quoi ils servent et quand ils sont autre chose dans les faits que tels qu’ils se désignent : des mondialistes ou des idiots utiles du mondialisme, car tous les nationalistes ukrainiens ne sont pas de vrais-faux néo-nazis, des mondialistes masqués et des idiots sympathiques de l’empire global – sinon, toute la dissidence européenne, potentiellement eurasiste et principalement socialiste, nationaliste et traditionaliste est horriblement facho-nazie : incompatible avec ce qui serait la vision définitive antifasciste de l’eurasisme poutinien ? Une Russie voulant faire seule l’axe Paris-Berlin-Moscou ?

L’échelle nationale, reste pour l’instant et sans une inter-nationale eurasiste opérative, le pré-requis à une vision supérieure et l’échelle de résistance existante la plus directe au mondialisme.

A l’inverse, nous ne pouvons pas réduire l’eurasisme douguinien à quelques déclarations de Vladimir Poutine – qui doit donner des gages aux tenants des Droits de l’homme et qui les défie sur leur propre terrain -, ou à des positions prises dans un contexte précis où nous admettons, et voyons, dans la perspective d’une stratégie authentiquement eurasiste, que Vladimir Poutine, outre sa facilité à une posture antifasciste mais qui n’explique pas à elle seule sa vision géopolitique et ne remet pas intégralement en question sa diplomatie raisonnable, a dû réagir rapidement et a réagi efficacement, selon nous, à une situation hautement périlleuse, dangereuse, et que nous ne nous dirigeons pas vers un enlisement, ou une volonté russe de montée des tensions vers un conflit de plus grande ampleur si les États-Unis admettent cette défaite et si la Russie rend cette victoire au peuple ukrainien de Russie et d’Europe. L’Ukraine est cette marche, ce pont – nous pensons aussi, et entre autre, au Bosphore, cet autre pont – entre le Grand Continent Eurasiatique de l’Ouest nordique et de l’Est polaire.

La gestion de la crise ukrainienne n’est, certes, pas parfaite, idéale, radicalement eurasiste, mais elle n’empêche pas de continuer le dialogue. Elle ne permet pas de juger précisément et de trancher de la légitimité ou de l’échec de la Voie eurasiste, quand nous, dissidents européens, sommes à la traine, et nous ne sommes pas encore réellement emparés de la question eurasiste européenne alors qu’elle apparaît comme faisant ontologiquement partie de la voie à tracer dans notre Croisade contre le monde moderne.

Si Alexandre Douguine s’éloignerait de ses travaux, nous devons pouvoir le formuler dans le cadre d’une critique positive, ne jamais aller dans le sens des oppositions nécessaires au bon fonctionnement du mondialisme, et si les eurasistes russes prendraient cette voie de reconstruction d’un monde bipolaire aux dépends du monde multipolaire, nous devons formuler notre rejet de cette dérive et démontrer cette erreur sur base des travaux eurasistes en théorisant notre eurasisme, or, la dissidence – qui a abandonné la Voie Eurasiste et affiche un sentiment pro-russe primaire sans réelle volonté d’en faire quelque chose – ne produit que de la réinformation stérilisante et de la convergence incapacitante, quand nos camarades de la Troisième voie ont tendance à se replier idéologiquement dans un anti-antifascisme de réaction – extrême et non radical – dont nous pourrions dire qu’il est aussi la réminiscence d’un même écueil, d’un anti-communisme primaire et nécessaire qui est l’exact pendant de l’antifascisme primaire, on en sort pas…

Le problème ukrainien, dans notre perspective eurasiste européenne, est un problème de mouvement, de sens du mouvement eurasiste.

Pour qu’une inter-nationale eurasiste puisse exister et être acceptée, le mouvement vers un axe Paris-Berlin-Moscou doit impérativement – même si paradoxalement l’impulsion, elle, doit venir de Russie, et que ça n’est pas à l’UE, ou même à nos représentants locaux de l’empire global que nous devons mettre la pression, mais précisément à Moscou – être compris et faire sens à partir de l’Europe, la voie doit s’ouvrir à partir du Nord-européen, ou de la Méditerranée, et le sentier éclairé à partir du phare moscovite, c’est le mouvement naturel de l’éternel retour.

Les peuples européens doivent emprunter ce sentier perdu sans y être aidés et sans y être obligés par la Russie, dont, et nous insistons, le rôle est celui de repaire, de signer l’impulsion et d’allumer le premier feu, sans le dire, sans le montrer et sans venir vers nous, nous devons l’entendre, le voir et reprendre la voie grand-continentale par nous même, éclairer notre avancement eurasiste avec nos propres feux, sans quoi, il sera légitime pour nous de confondre, de dire et d’affirmer, que nous n’assistons pas à un espoir eurasiste flamboyant mais à un effort d’éblouissement mondialiste d’endiguer la déferlante métapolitique nationaliste, européenne et eurasienne vers la plus grande Europe, et contre l’impérialisme étasunien, son projet de reconstruire l’ennemi soviétique, de ranimer la Guerre Froide – mouvement inversé et passage contre-initiatique vers une redite de 40-45 et de Yalta, basée, nous insistons, sur l’opposition nécessaire, mortifère et aveuglement obscurante, au bon fonctionnement du Libéralisme triomphant, entre le zombie communiste des ténèbres de l’antifascisme institutionnel et le mort-vivant national-socialiste des enfers du tribalisme constitutionnel, épouvantails à la voie traditionaliste traditionnelle, venus tout droit du néant moderne et de la tiédeur des extrêmes tamisés et vidés du chaud et du froid, du feu et de la galce ; de la Lumière primordiale -, et par là, de justifier et d’alimenter notre crainte d’une réminiscence d’un impérialisme post-soviétique vers un monde bipolaire – ou, une inversion hégémonique des pôles -, un monde multilatéral, multi-horizontal, et non de la dynamique d’une inter-nationale eurasiste vers un monde verticalement multipolaire.

Au sujet de l’UE, nous devons, certes – comme la CEI -, essayer de nous extirper, de sortir de la logique capitaliste, libérale et cosmopolite – là commence la voie eurasiste – de l’empire global, autant sur un plan économique, que sur le plan des relations internationales, que sur le plan de la politique locale, régionale et nationale des États-nations à l’intérieur de l’UE, mais si nous devons sortir de cette UE atlantiste, sioniste et mondialiste, nos intérêts sont européens et nous ne pouvons pas sortir de l’Europe, nous sommes européens en Europe et l’UE n’est pas européenne ni l’Europe, quelques européens sont présents dans les élites européennes mais la plupart de nos élites sont mondialistes, le problème n’est pas des institutions européennes – il serait ridicule de nier la dimension européenne de notre civilisation et de ne pas s’appuyer sur elle dans le contexte de mondialisation – mais de la nature américaine et globaliste – et à tous ceux à qui l’inertie profite – de ces institutions et du projet mondialiste qu’elles servent. Dans la continuité du concept métapolitique de Putsch et dans une perspective eurasiste, nous – des élites en devenir ou dissimulées – devons prendre le contrôle, la tête de l’Europe et évincé l’UE du trône européen, dans notre représentation impériale eurasiatique et primordialement traditionnelle : le trône est vide (Un empire n’a pas besoin d’empereur).

Si la Quatrième théorie politique et la Théorie du monde multipolaire d’Alexandre Douguine ont donné l’impulsion, une certaine méthode, pour nous, le constat le plus précis, la perspective la plus futuriste et traditionnelle de notre temps, cela ne fait pas de Vladimir Poutine, ou de sa politique, un eurasiste, et une politique eurasiste. Nous comprenons l’enjeu actuel et nous comprenons les positions d’Alexandre Douguine. Nous comprenons les différentes échelles de dialogue et nous savons qu’Alexandre Douguine introduit l’eurasisme dans les élites russes à certains prix et certaines imprécisions, ou tolérance de ces imprécisions de la part du pouvoir russe, dans les intérêts biens compris de sa patrie russe et d’un avenir pour l’eurasisme en Russie, comme nous devons le faire en Europe.

« Une nouvelle théologie révolutionnaire de l’amour divin est ainsi mystérieusement et très providentiellement apparue, établissant les fondations vivantes du prochain grand renouveau intérieur de la religion catholique à venir, la religion de l’Incendium Amoris. C’est à l’abri des murs du Carmel de Lisieux que, à la fin du siècle dernier, prenait secrètement naissance le formidable mouvement sismique dont la vague de fond emportera, bientôt, l’édifice millénaire d’un certain catholicisme romain, déjà en cours de changement sans que rien n’eût encore transpiré à l’extérieur. Un changement qui porte en lui les prémices ontologiques, révolutionnaires et suprahistoriques de l’avènement à terme de notre Imperium Ultimum dont l’être profond n’est autre que celui de l’Incendium Amoris : Imperium Ultimum, Imperium Amoris. Il me semble qu’il serait donc, désormais, chose fondamentale que de savoir reconnaître que l’aventure amoureuse de sainte Thérèse de Lisieux s’était occultement développée dans l’horizon impérial de ce à quoi elle était destinée à servir de noyau originel, abyssal, d’immaculée conception et de nativité à la fois vivante et conceptuelle, à savoir de notre Imperium Ultimum. » Jean Parvulesco – Le sentier perdu – Ipcress Danger Immediat – p. 83.

La Réponse sera Métapolitique !

Nasrallah Pendragon

Source : L’Heure Asie

sep2

Voir aussi : 

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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