GMP_Bastille_Day_2008

Il s’est passé un truc absolument incroyable dans l’armée française, ou du moins ce qu’il en reste.

Les principaux dirigeants de cette noble institution, à savoir le chef d’état-major des armées, le récemment nommé Pierre de Villiers, et ses trois subordonnés de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air, auraient explicitement indiqué à leur tutelle, avec fuite dans la presse autorisée, qu’ils n’étaient pas prêts à assumer le rabotage supplémentaire que Bercy veut imposer aux armées dans le cadre de la recherche des 50 milliards d’économie.

Trois réactions me viennent spontanément.

La première, c’est que la parole de l’État ne vaut vraiment plus rien. Il y a moins d’un an, à l’issue d’un travail important, de multiples scénarios et d’arbitrages divers, le Président sanctuarisait une LPM (loi de programmation militaire) déjà particulièrement sévère pour les armées. Cet engagement ne vaut en fait rien, puisque le voilà profondément remis en cause par les crânes d’œuf de Bercy, décidément plus audacieux pour mettre les militaires à la disette que d’autres types de fonctionnaires syndicalisés et manifestolâtres.

La seconde, c’est qu’il faut vraiment que la parole présidentielle soit affaiblie pour que le ministre de la Défense et les hauts gradés de l’Hôtel de Brienne s’autorisent à « l’ouvrir » ainsi. Jamais telle scène ne s’était produite par le passé 1 et je n’ai pas souvenir qu’une scène similaire se fût tenue dans un autre pays que le nôtre. Tant mieux si cette expression permet de sauver les meubles à l’instant même où nos forces sont requises, pour plus longtemps que prévu, de Kidal à Bangui. Mais c’est quand même frappant et triste de constater que, visiblement, plus rien ne semble tenu au plus sommet de l’État, qui inspire désormais plus de mépris ou d’ironie que de crainte.

La troisième, c’est que ces messieurs les étoilés ont visiblement retrouvé le courage de leurs vingt ans, de leurs années de commandement en unité où, en casoar et gants blancs, ils menaient leur section ou compagnie à l’assaut de leurs épiques rêves de jeunesse. On a très peu dit, en effet, que les différentes réformes des armées françaises se sont bien souvent déroulées grâce à la complicité passive, quand ce n’était pas active, des généraux français. Bien logés et bien nourris, bien payés et souvent flattés, ces derniers ont largement cautionné un système qui exposait l’homme de troupe et faisait le lit des rêves des méritants officiers subalternes, de quinze ans leurs cadets. À l’exception notable de quelques très rares généraux, il fallait attendre la mise en retraite (pardon, le placement dans le cadre de réserve) de ces messieurs pour les entendre enfin toussoter et se plaindre.

Certes, il aura fallu l’indigence des budgets militaires, la grossière arrogance de Bercy et la faiblesse présidentielle pour que nos quatre grands chefs du moment retrouvent le chemin du courage et de l’honneur. C’est un bon début…

Philippe Christèle,

Pour Boulevard Voltaire

sep2

Conseil de lecture : 

livre_putsch

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

(3 commentaires)

  1. Bonjour à tous,
    Je m’adresse avant tout à l’armée, air,terre mer, et surtout ses chefs commandants ces unités. Je suis un ancien de l’Algérie française et j’ai vécu cette guerre. Puisque vous n’êtes pas du tout content des politiques qui ont été menées contre les intérêts de l’armée avec son démantèlement, contre notre pays donc, puisque tous nos soldats sont morts pour rien depuis la guerre d’Algérie, alors faites une action concrète. Lors du défilé du 14 juillet, lorsque les engins lourds (chars etc…) passeront devant la tribune officielle, vous les stoppez, moteur coupé. Les hommes descendent des engins et se mettent en position repos pendant 5 à 10 minutes, puis vous repartez. Tout ceci devant la tribune pour signifier votre mécontentement et pour envoyer un message FORT. Voici l’idée que j’ai eu mais les officiers supérieurs voudront-ils faire au moins ce geste qui marquera les esprits ?!
    Je vous remercie de m’avoir lu. J’espère que ce message sera transmis qui demande une réflexion et une décision.
    J’aime mon armée et je ne veux pas la voir mourir ou réduit à peau de chagrin. Pour l’honneur !

  2. EXCLUSIF – François Hollande est redevenu «Monsieur 3%». Les Français ne sont plus que 3% à le préférer comme candidat du PS à la prochaine présidentielle de 2017, selon l’étude OpinionWay réalisée pour Le Figaro Magazine.

    Voici dans le détail ce que ce nouveau rebondissement m’inspire:

    Arthur Rimbaud : The drunken boat

    As I was floating down unconcerned Rivers
    I no longer felt myself steered by the haulers:
    Gaudy Redskins had taken them for targets
    Nailing them naked to coloured stakes.

    I cared nothing for all my crews,
    Carrying Flemish wheat or English cottons.
    When, along with my haulers those uproars were done with
    The Rivers let me sail downstream where I pleased.

    Into the ferocious tide-rips
    Last winter, more absorbed than the minds of children,
    I ran! And the unmoored Peninsulas
    Never endured more triumphant clamourings

    The storm made bliss of my sea-borne awakenings.
    Lighter than a cork, I danced on the waves
    Which men call eternal rollers of victims,
    For ten nights, without once missing the foolish eye of the harbor lights!

    Sweeter than the flesh of sour apples to children,
    The green water penetrated my pinewood hull
    And washed me clean of the bluish wine-stains and the splashes of vomit,
    Carrying away both rudder and anchor.

    And from that time on I bathed in the Poem
    Of the Sea, star-infused and churned into milk,
    Devouring the green azures; where, entranced in pallid flotsam,
    A dreaming drowned man sometimes goes down;

    Where, suddenly dyeing the bluenesses, deliriums
    And slow rhythms under the gleams of the daylight,
    Stronger than alcohol, vaster than music
    Ferment the bitter rednesses of love!

    I have come to know the skies splitting with lightnings, and the waterspouts
    And the breakers and currents; I know the evening,
    And Dawn rising up like a flock of doves,
    And sometimes I have seen what men have imagined they saw!

    I have seen the low-hanging sun speckled with mystic horrors.
    Lighting up long violet coagulations,
    Like the performers in very-antique dramas
    Waves rolling back into the distances their shiverings of venetian blinds!

    I have dreamed of the green night of the dazzled snows
    The kiss rising slowly to the eyes of the seas,
    The circulation of undreamed-of saps,
    And the yellow-blue awakenings of singing phosphorus!

    I have followed, for whole months on end, the swells
    Battering the reefs like hysterical herds of cows,
    Never dreaming that the luminous feet of the Marys
    Could force back the muzzles of snorting Oceans!

    I have struck, do you realize, incredible Floridas
    Where mingle with flowers the eyes of panthers
    In human skins! Rainbows stretched like bridles
    Under the seas’ horizon, to glaucous herds!

    I have seen the enormous swamps seething, traps
    Where a whole leviathan rots in the reeds!
    Downfalls of waters in the midst of the calm
    And distances cataracting down into abysses!

    Glaciers, suns of silver, waves of pearl, skies of red-hot coals!
    Hideous wrecks at the bottom of brown gulfs
    Where the giant snakes devoured by vermin
    Fall from the twisted trees with black odours!

    I should have liked to show to children those dolphins
    Of the blue wave, those golden, those singing fishes.
    – Foam of flowers rocked my driftings
    And at times ineffable winds would lend me wings.

    Sometimes, a martyr weary of poles and zones,
    The sea whose sobs sweetened my rollings
    Lifted its shadow-flowers with their yellow sucking disks toward me
    And I hung there like a kneeling woman…

    Almost an island, tossing on my beaches the brawls
    And droppings of pale-eyed, clamouring birds,
    And I was scudding along when across my frayed cordage
    Drowned men sank backwards into sleep!

    But now I, a boat lost under the hair of coves,
    Hurled by the hurricane into the birdless ether,
    I, whose wreck, dead-drunk and sodden with water,
    neither Monitor nor Hanse ships would have fished up;

    Free, smoking, risen from violet fogs,
    I who bored through the wall of the reddening sky
    Which bears a sweetmeat good poets find delicious,
    Lichens of sunlight [mixed] with azure snot,

    Who ran, speckled with lunula of electricity,
    A crazy plank, with black sea-horses for escort,
    When Julys were crushing with cudgel blows
    Skies of ultramarine into burning funnels;

    I who trembled, to feel at fifty leagues’ distance
    The groans of Behemoth’s rutting, and of the dense Maelstroms
    Eternal spinner of blue immobilities
    I long for Europe with it’s aged old parapets!

    I have seen archipelagos of stars! and islands
    Whose delirious skies are open to sailor:
    – Do you sleep, are you exiled in those bottomless nights,
    Million golden birds, O Life Force of the future? –

    But, truly, I have wept too much! The Dawns are heartbreaking.
    Every moon is atrocious and every sun bitter:
    Sharp love has swollen me up with heady langours.
    O let my keel split! O let me sink to the bottom!

    If there is one water in Europe I want, it is the
    Black cold pool where into the scented twilight
    A child squatting full of sadness, launches
    A boat as fragile as a butterfly in May.

    I can no more, bathed in your langours, O waves,
    Sail in the wake of the carriers of cottons,
    Nor undergo the pride of the flags and pennants,
    Nor pull past the horrible eyes of the hulks.

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