evolaNous pensons qu’il est intéressant de fournir quelques informations au sujet de certaines nouvelles initiatives germaniques, dont le but est de donner une forme politique particulière au domaine de l’éducation « qualitative », qui à l’époque précédente avait essentiellement été confié à certains instituts privés. Et nous commencerons par un aperçu des dites « Napolas ».

Napolas est l’abréviation de National Politische Erziehungsanstalten, ce qui signifie « Instituts d’éducation nationale-politique ». Voici quelles furent leurs origines : suite au traité de Versailles, l’Allemagne fut contrainte de fermer certaines écoles d’officiers; le gouvernement allemand de l’immédiate après-guerre en fit alors les « Staatliche Bildungsanstalten », des instituts éducatifs publics destinés à accueillir des jeunes nécessiteux, négligés par leurs familles. Il s’agissait de scuole medie discernant des diplômes légalement reconnus, où l’éducation était principalement libérale et apolitique ; elle était complétée par une formation sportive assez développée.

Une fois le national-socialisme arrivé au pouvoir, ces instituts furent de nouveaux transformés pour devenir les Napolas. Celles-ci, contrôlées par l’État nouveau, ont des finalités strictement politico-sélectives. Elles sont destinées à accueillir des jeunes particulièrement doués et à développer en eux les qualités qui peuvent les rendre aptes à exercer des fonctions dirigeantes, pas nécessairement dans l’Armée ou dans le Parti, mais dans n’importe quel domaine de la vie. Une telle conception totalitaire qui accorde une attention particulière au développement des qualités viriles s’accompagne d’une sensibilité « sociale », d’une habitude consistant à considérer ses propres actions dans leur rapport à une communauté.

Sont ainsi caractéristiques les déclarations que nous avait faites personnellement – au cours d’une de nos visites – l’un des inspecteurs généraux de ces instituts. Celui-ci avait souligné la distinction qui devait être effectuée entre l’éducation familiale privée et l’éducation politique. Il avait contesté que l’éducation politique puisse être considérée comme un développement ultérieure de celle, « naturaliste », que le jeune pouvait recevoir dans le cadre familial. Il s’agit au contraire d’une phase distincte, qui a d’autres pré-requis et se fonde sur d’autres principes, principalement celui de la Soldatische Gemeinschaft, de la communauté et de la solidarité qui peut exister au sein d’un groupe guerrier. C’est surtout dans un tel sens que veulent agir les Napolas : pas comme une copie ou un prolongement de la famille. C’est à un Ordre différent et plus vaste que le jeune doit se sentir appartenir, un Ordre qui a sa propre loi et sa propre morale.

Tandis que l’admission aux Staatliche Bildungsanstalten, soit la précédente forme libérale des instituts en question, était libre, dépendait uniquement de la volonté des étudiants, ne viennent à l’inverse dans les Napolas que les jeunes qui ont été signalés dans les écoles inférieures ou par les chefs des organisations de jeunesse du Parti pour leurs dispositions particulières et privilégiées. L’admission peut survenir soit à 10 ans, soit à 14 ans, et le cursus complet dure huit ans dans le premier cas, et quatre ans dans le second.

Il n’existe pas de tarif fixe pour l’admission dans ces internats scolaires. L’offre peut être gratuite selon les moyens de la famille du jeune qui a été reconnu digne d’être admis. Il n’est pas possible de redoubler une classe. Si dans l’étude ou dans une autre branche de l’éducation, un jeune se montre déficient, il est systématiquement exclu.

Dans les Napolas, dans le cadre de l’instruction physique et de la fortification du caractère, on trouve aussi les « preuves de courage » que nous avons déjà mentionnées en parlant d’instituts similaires en Allemagne. Par exemple, on demande même aux plus petits élèves, à ceux de dix ans, de se jeter dans l’eau d’une certaine hauteur, y compris s’ils ne savent pas nager, ou aux plus grands, entre autres, de monter un cheval vif sans selle ; leur comportement est attentivement observé en tant que « preuves de combativité », et ainsi de suite. Du point de vue de l’individu, on cherche la singularité dans un groupe ; une attention particulière est portée aux dons de la camaraderie, comme aux capacités de commandement sur ses camarades et au sens de la responsabilité qui y est lié. Afin de faciliter le développement de tels dons, dans les Napolas est accordée une grande place au principe de l’autodiscipline, c’est à dire que l’ordre est confié à des jeunes auxquels on confère, selon leurs qualités, une autorité sur un certain groupe.

C’est aussi sur la base de tels dons que l’on juge si les jeunes sont dignes ou non de rester dans les instituts en question. La confirmation de l’admission survient, en principe, après un an de probation. Mais le test continue plus tard et le jeune doit savoir qu’il peut être renvoyé à tout moment s’il ne se montre pas digne de la hauteur des idéaux des Napolas.

Quant à l’enseignement pratique, il ne se veut pas inférieur à celui dispensé dans les autres écoles. Conformément à l’idée d’une éducation totalitaire, l’élément esthétique n’est pas négligé, on enseigne non seulement le dessin et la peinture impressionniste, mais aussi le chant qui a, ici, une place non négligeable. Par ailleurs, on attribue les élèves à des enseignants jeunes, de telle sorte que, de par leur prestance physique, ils puissent également être leurs maîtres, leurs concurrents ou leurs capitaines lors du camp sportif (ou lors des exercices tactiques collectifs) qui a lieu périodiquement et, une fois par an, lors du concours des élèves des 20 écoles qui existent dans tout le Reich.

Concernant l’éducation politique, on a recours à la méthode dite « casuistique ». On préfère, à l’exposition de concepts abstraits, présenter aux jeunes des cas concrets et examiner l’opinion qu’ils doivent s’en faire. Ainsi, on tend davantage à faire agir et à raffiner une sensibilité donnée qu’à inculquer des schémas génériques des idées politiques ou sociales.

Une initiative singulière et audacieuse des Napolas consiste à envoyer les jeunes faire vie commune, les plus jeunes avec des familles de paysans, les plus âgés avec des familles d’ouvriers industriels, pour une période pouvant aller de six à huit semaines. Durant cette période, le jeune homme est embauché par la famille comme travailleur salarié, vit avec eux, doit subvenir à ses besoins avec son salaire, et il lui est interdit de recevoir de l’argent ou des colis de sa famille. Lors d’une telle période de vie commune, le jeune doit pouvoir affiner sa sensibilité sociale et se rendre compte par lui-même des problèmes de l’existence. Il doit également servir d’exemple, par sa conduite, aux familles et aux salariés parmi lesquels il se trouve, et ne doit pas négliger de les éclairer sur les problèmes politiques et sur la manière dont il a appris à sentir, de manière vivante, les idées du national-socialisme.

Tout cela se fait au travers d’un accord entre les Napolas et l’Arbeitsfront, c’est à dire le « Front du Travail allemand », l’organisation du Parti qui contrôle le travail national, qui dans ce cadre pense à envoyer les élèves dans des endroits adaptés à ce nouvel apprentissage. Ces dernières années ont été organisés par l’institution des voyages éducatifs à l’étranger.

Une fois le cursus achevé, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le jeune homme ne reçoit aucun diplôme spécifique, ou privilégié. Il se trouve alors dans les mêmes conditions que celui qui a fréquenté une école normale, son avancement n’est facilité d’aucune façon. C’est que l’on pense que le jeune homme doit être capable de faire fructifier tout seul, dans la lutte pour la vie, les qualités supérieures que cette éducation spéciale, complexe et rigoureuse a contrôlées, confirmées et développées. Ces qualités doivent être affirmées, de manière virile et réaliste, par leurs propres moyens, sans aucune aide, et conduire le jeune au poste dirigeant auquel elles le rendent, en principe, digne.

Il n’est pas superflu de relever le fait que l’essentiel des éléments qui dirigent la formation des jeunes dans les Napolas et qui les contrôlent est fourni par les SS (abréviation de Schutz-Staffeln), le corps « noir » germanique, qui a l’ambition d’être un gardien voire un ordre – dans le sens ancien d’organisation ascétique guerrière – de la révolution nationale-socialiste.

Julius Evola

Il Regime Fascista, le 27 Mai 1941

Source : VoxNR

sep2

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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