Capture d’écran 2014-11-22 à 18.35.33

Les conflits virulents qui ont troublé la vie politique ces deux dernières années ont semblé ranimer la vieille dichotomie entre « gauche » et « droite ». Ne s’agirait-il pas d’une illusion engendrée par la persistance, dans le champ de l’imaginaire idéologique, de réflexes désuets ?

La postmodernité présente, en effet, plusieurs caractéristiques. Elle se caractérise d’abord par une déréalisation de l’humain, conséquence d’une destruction méthodique des liens fondamentaux qui produisent les appartenances, autrefois considérées comme naturelles, et qui ont été laminées par le libéralisme triomphant, le culte de l’individualisme, du consumérisme, un hédonisme dissolvant, et les progrès de la techno-science. L’humain est comme hors sol, seulement capable de s’attacher à des repères qu’il croit pouvoir se donner. On sait combien, du reste, l’homme ignore quelle histoire il fait, pour peu que l’Histoire soit encore possible.

L’évolution de plus en plus accélérée des mœurs, qui a fait passer une société de son statut patriarcal, autoritaire, hiérarchique, à une société clitocratique, maternalisante, infantilisante, émolliente, transforme toute revendication sociopolitique en caprice puéril, en défense d’intérêts particuliers, ou en jeu. Dans le même temps, l’État, qui n’est plus qu’une centrale de management sociétal, et, subsidiairement, un organisme à réprimer toute contestation de l’ordre existant, ne détient plus de puissance que ce que les instances supranationales veulent bien lui laisser. S’emparer de l’Élysée, quelle importance ?

C’est comme si la vie politique avait été vidée de sang et de sens. Le personnel d’État, qui siège dans les organismes pour la plupart créés sous le Premier Empire, ne sont plus que des machines à projeter des effets d’annonces. On suscite ainsi des réactions, on joue avec les étiquettes, avec des mots chargés de connotations fortes, on manipule des émotions, on provoque de pseudo-événements, dérisoires, qui occupent les consciences. Et, in fine, les concepts de gauche et de droite ne signifient plus grand chose.

D’un point de vue géopolitique, un système unique, celui du capitalisme, semble d’imposer. Certes, l’on sait que les États-Unis, acteurs déterminants de cette conquête du marché à l’échelle mondiale, rencontrent des résistances. Cependant, la question est de savoir si ses adversaires incarnent une alternative au libéralisme, auquel cas ils devraient rompre avec le modèle libéral, pour retrouver des racines anciennes, ou bien des alter-libéralismes, des manières différentes de gérer le capitalisme.
On voit donc que les enjeux, qui paraissaient clairs il y a cinquante ans, où des systèmes antithétiques s’affrontaient, sont maintenant singulièrement brouillés.

Restent des problèmes irréductibles, qu’il est difficile de surpasser, les dangers que présentent l’évolution démographique mondiale, partant les migrations, l’épuisement des ressources énergétiques, la destruction de la nature, la précarisation des société, l’éradication des identités, le ravalement de l’humain à l’état de chose.

Cependant, l’homme étant, selon les mots de Dostoïevski, un « animal qui s’habitue à tout », il n’est pas certain que souffrance, désespoir et même l’espoir, aboutissent à une hypothèse de changement radical. Le postnihilisme a vidé le monde de tout sentiment de la véritable altérité, donc de toute imagination. Le seul rêve permis est celui d’une adaptation heureuse à l’aliénation.

Du reste, depuis que l’homme a décidé, au seuil de la modernité, à la Renaissance, que le seul univers possible était le sien, qu’il était le centre du Cosmos, il s’est enfermé dans une prison conceptuel et existentiel.

La Révolution est, littéralement, un décentrement de l’individu, un retour aux sources premières de l’Europe spirituelle, à l’assomption de notre Terre natale.

Claude Bourrinet,

pour le Cercle Non Conforme

sep2

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

1 commentaire

  1. Le 5 mai 1992, Philippe Séguin interpelle l’assemblée nationale sur le caractère anti-démocratique :
    – de la construction européenne
    – et du projet du traité de Maastricht.

    Grand-croix de l’ordre national du Mérite (mai 2007)
    Chevalier de l’ordre des Palmes académiques
    Chevalier de l’ordre du Mérite agricole
    Officier de l’ordre des Arts et des Lettres
    Commandeur de l’ordre de Tahiti Nui38 (Polynésie française)
    Grand officier de l’ordre de la Pléiade
    Officier de l’Ordre national du Québec (2000)
    Grand-croix de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne
    Grand-croix de l’ordre de la Croix du Sud (Brésil)
    Commandeur de l’ordre Stara Planina (Bulgarie)
    Membre du Most Honourable Order of the Crown of Brunei
    Grand-croix de l’ordre royal de Sahamétrei (Cambodge)
    Grand-croix de l’ordre du Mérite du Chili
    Grand cordon de l’ordre Ouissam Alaouite (Maroc)
    Grand-croix de l’ordre de Gorkha-Dakshina-Bahu (Népal)
    Grand-croix de l’ordre du 7 novembre (Tunisie)
    Grand-croix de l’ordre de la République de Tunisie (1994)
    Médaille de la Jeunesse et des Sports (échelon bronze)
    Médaille d’honneur régionale, départementale et communale
    Lauréat de l’Institut d’études politiques et de la Faculté des lettres d’Aix-en-Provence
    Médaille de bronze de la ville d’Aix-en-Provence
    Élu « homme politique de l’année » 1996 par Le Trombinoscope
    Grand prix des communicants publics décerné par le magazine Acteurs publics (2005)
    Docteur honoris causa de l’université du Québec à Montréal (Canada), des universités de Loughborough (Grande-Bretagne) et de Bucarest (Roumanie)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s