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Insensiblement, en catimini, la guerre fait son chemin dans les esprits et entre dans la vie quotidienne de nos soldats par la petite porte.

En Afghanistan et au Mali, ils ont eu maintes occasions de prouver leur bravoure au combat et nos officiers leur sens tactique. Mais la grande tension régnant lors de ces conflits asymétriques crée paradoxalement autant de dégâts psychologiques que 1914-1918. Parce que l’ennemi n’a pas d’uniforme, pas d’objectifs militaires et que le chemin de la victoire n’est pas désigné. Ainsi, la crise centrafricaine entre bandes armées, pillages, conditions de vie de la troupe et corruption générale se révèle plus traumatisante que les opérations relativement conventionnelles d’Afghanistan et du Mali. De l’Afghanistan à la République centrafricaine, le nombre de syndromes de stress post-traumatique a bondi de 50 %. Hier à Bangui, aujourd’hui en métropole, que faut-il défendre, et surtout, qui faut-il attaquer, qui faut-il vaincre? Ce stress peut être utile en phase de combat : hypervigilance, hyperactivité et agressivité qui en sont, entre autres, les symptômes sont aussi des qualités pour survivre au feu.

Mais alors que les affrontements sont rares et le stress durable, il se manifeste un état latent, une usure, très préjudiciable sur le long terme à ce qui est l’essence de l’armée : les hommes. De fait, les ressources humaines des armées sont, chaque année, érodées alors que les situations se tendent et s’aggravent. La fin du service militaire a, certes, libéré les minets de la corvée de chiottes et les racailles du chant de « La Marseillaise ». Mais elle a surtout privé les armées d’une formidable main-d’œuvre et d’un vivier : celui des appelés. Partout ils ont été engagés, leur qualité a été remarquable : Liban, Tchad, Somalie, ils faisaient le coup de feu et montaient à l’assaut sans états d’âme. Les armées ont été les grandes perdantes de cette réforme.

Elles n’ont pas bénéficié d’un confort accru, ce qui était pourtant le deal en échange de cette immense perte de ressources. Au cours des vingt dernières années, la force armée a porté, seule, l’essentiel des économies budgétaires de l’État alors que les autres ministères continuaient à s’endetter exponentiellement. La grande muette ne s’exprime pas. Mais le peuple parle pour elle. L’armée française, c’est l’expression la plus belle, la plus noble et la plus absolue du peuple français. De Jeanne d’Arc ralliant les bannières aux grandes mobilisations de 1870, 1914 et 1940, c’est un idéal patriote qui a vécu jusqu’à la funeste décision de 1996. Certaines élites n’aiment pas le peuple, elles détestent l’armée française, ce peuple en armes, ardent au combat, capable de tout renverser.

La France et les Français, son histoire, ses richesses ont toujours fait des envieux. L’armée d’active, fer de lance de la nation, est l’objectif de ceux qui prétendent à notre domination. En 1870, sa capture précipitait la chute de l’Empire, malgré la mobilisation courageuse de bataillons de réserve improvisés qui évitent l’invasion totale. En 1940, l’encerclement de l’armée d’active abrège les hostilités sans mettre fin à la guerre. En 1954, c’est un contingent de 500.000 soldats qui ramène la paix et l’ordre en Algérie, même si le pouvoir politique choisit l’abandon, ouvrant des plaies qui ne sont pas toutes cicatrisées.

Aujourd’hui, des situations versatiles placent les forces morales des armées sous tension maximale, dans l’absence de profondeur stratégique (avec l’engagement de 10.000 hommes sur le territoire national) et de relève (plus de bataillons organiques en mesure de renforcer l’armée d’active). Depuis 40 ans, notre armée est dans ce que les analystes appellent un « effet ciseau » : les revenus diminuent et les engagements augmentent, ce qui, faute d’inflexion de l’une des deux courbes, conduit toujours à la faillite.

Maxime de La Devèze,

pour Boulevard Voltaire

sep2

Conseil de lecture :

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Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

un commentaire

  1. C’est la guerre économique entre Meyrin et Tessin !

    Ils ne jouent pas en division europe et haine, comme la plupart des pays qu’y s’en sortent. Ils se battent pour un smig à 4800 francs suisses et pas un rsa à 480 euros ! et frisent les 4 à 5 % de chômage… En plus ils votent toutes les semaines ! Mais quel est donc leur secret ?

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