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Le Sénat a voté une loi qui prévoit la révocation du président de la République, notamment si « son comportement personnel est incompatible avec la dignité de la fonction » (Libération, le 21 octobre 2014). La fonction est-elle indigne à ce point ? Hollande banalise le déshonneur.

Il fait oublier derrière son aspect ses magouilles et ses idées. Moi Président, ça pourrait être son nom. 6 mai 2012. Le jour où les animaux domestiques ont voté pour le plus représentatif d’entre eux. On pourrait se contenter de dire que François Hollande est à la politique ce qu’Anne Roumanoff est à l’humour, un phénomène inexplicable, un défi lancé à la science. Ce n’est pas le cas. Le gouvernement Hollande est l’aboutissement, l’apothéose. Le stade terminal. Élu dans un délire à plusieurs pour « ré-enchanter le rêve français », il nous ordonne : « Aimez la France ! » Pourquoi les gens n’aimeraient plus la France ? Peut-être parce qu’elle y ressemble de moins en moins.

Président Normal a très peur que l’histoire se répète. Qu’il se tranquillise : il n’y en aura pas deux comme lui. Issu du pays des sans-dents, il a tout fait pour passer le reste de sa vie avec ces riches qu’il dit ne pas aimer, dont il est, dont le PS est saturé. Les pauvres, « sa raison d’être » ?

Pour être dix ans premier secrétaire du PS, en charge de minimiser les votes frauduleux, il faut être spécial. Il n’est pas méchant, il n’est rien. Tout le traverse. C’est « le premier secrétaire qui a tout raté » (Royal), l’homme qui a « immobilisé le Parti pendant dix ans » (Montebourg).

François Hollande ressemble à Jean-Claude Romand, ce faux médecin mythomane qui avait fini par assassiner sa famille, pour ne pas être confronté à ses mensonges. Même visage, même maintien, même regard apathique. Ses proches ont dit de lui qu’il était gentil, affable, cultivé. Même parcours. Lui non plus n’a jamais travaillé. Lui aussi est parvenu à faire croire à tout son entourage qu’il travaillait.

Moi Président est doué pour mentir et se prendre pour quelqu’un d’autre. En 1983, avec culot, un Hollande — encore inconnu — se faisait passer pour « Caton », un « leader de droite » inventé par Mitterrand et Attali, auteur d’un best-seller, écrit par Bercoff, censé déstabiliser le RPR.

Hollande, sa drôle de façon de nous rassurer (Je n’ai rien vendu à la Russie, mais tout est parti dans le Golfe), sa hauteur de vue d’un délégué syndical chez un fabricant de charentaises, son côté joueur compulsif qui s’acharne sur la même machine à sous pendant des années. Hollande est l’homme qui a fait croire à tout le monde, lui compris, qu’il était tout le monde à la fois, qu’il était compétent et qu’il avait un destin. Jusqu’au bout de l’erreur et du mensonge, Romand et Hollande ont persévéré, avec aplomb, avec folie, jusqu’à l’inévitable fin tragique.

Romand savait qu’il n’était pas vraiment médecin. Hollande ne sait pas. Il est pire que Romand. Il s’est persuadé qu’il était vraiment président.

« Il profite du vide », a dit de lui Aubry. Description parfaite. Après une vie dans les couloirs du temps, à fuir le réel dans les coursives du Parti intérieur, Hollande a été élu. Il s’est retrouvé soudain sous les projecteurs, rattrapé, nu face au réel. Tout le monde le regarde, et pour la première fois tout le monde le voit. La fonction présidentielle l’a soudain matérialisé. Subitement, tout le monde s’est demandé pourquoi il n’était plus en train de classer les archives d’Ussel, pourquoi il n’était plus conseiller général de Corrèze, assigné à l’inauguration des ronds points, lui et ses blagues, avec du mousseux et des chips-crevettes.

Voilà qu’il n’arrive même plus à mentir. « Savoir dissimuler est le savoir des rois », disait Richelieu. Hollande est tout sauf un roi, il a fallu qu’il soit président pour que la France le comprenne. Quand lui, l’ancien militant de l’Unef-Renouveau, affirme qu’il n’y a plus de communistes en France, on en déduit qu’il n’y a plus que des communistes en France. Il ment si mal qu’il rend limpide toute la tromperie du Parti.

Tout a subitement adhéré à lui. Le président enfariné, le président trempé, le président couvert d’œufs. Reagan était le président téflon, Hollande est le président goudron. Pas une poisse ne lui échappe, tout le tire vers le bas. Le poids des affaires, des trahisons, des sondages, même de cette nourriture dans laquelle il se réfugie (« c’est tout ce qu’il lui reste et ça le détend », dit-on à l’Élysée). Il a fait un régime pour être élu, et maintenant, comme la grenouille de la fable, il enfle à vue d’œil.

Certes rien ne lui est épargné, mais il ne nous épargne rien. Apollon lui-même détend parfois son arc : François Hollande semble en toute circonstances devoir demeurer François Hollande, l’homme sans parapluie, l’homme avanie, l’homme dont supporter le verbe équivaut à une séance de torture médiévale, l’homme qui a vécu « le plus beau jour de sa vie politique » au Mali, le président populaire à Mayotte, où « eux au moins ils ont confiance » (RFI, le 22 août 2014), le président pour qui « c’est pas facile ». Le président qui « espère » (le 18 septembre 2014), qui dit n’avoir « rien à perdre », qui estime donc que perdre la France n’est pas un problème.

« Ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Ainsi se prononce l’idéation du président des bisous, même pas capable de citer le bon Shakespeare, si gênant à l’étranger, notamment en osant dire à Obama sa « volonté de rêver un monde meilleur ». Ce petit garçon vaticinateur aux airs de vieux fou qui nous raconte sa vie, les décisions qu’il imagine avoir prises, cet enfant couronné par les enfants, qui croit que parler suffit pour incarner.

J’ai espéré qu’un cerveau maléfique se cache derrière le mythomane. Que tout ça soit calculé, maîtrisé. Mais non. Il n’y a pas de truc. Hollande n’est pas Romand, Hollande est seul, et ce qu’on voit est ce qu’il est. Minus sans Cortex. À la différence des menteurs précédents, il ne calcule pas, ne voit pas, conforté dans son délire par ses femmes, par la servilité de quelques journalistes et conseillers, de ses amis subi(t)s.

Pour rester dans l’Histoire, sa seule chance est d’y entrer par la catastrophe. D’être à jamais le dernier secrétaire de la République. L’accident mortel de l’histoire. Hollande est le procès du suffrage universel. Deux ans après son élection, seuls  3 % des français souhaitent qu’il se représente. Il a démontré que les citoyens n’étaient pas légitimes pour choisir leur président.

On ne voit pas comment il pourrait aller au terme de son mandat, tant il cristallisera sur son impuissante personne toutes les haines, toutes les frustrations, toutes les colères. L’animal citoyen est on ne peut plus passif. Un président ayant le front d’annoncer que des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires « confirment l’amorce d’une inversion » de la courbe du chômage, ou dans le contexte qui est le nôtre se permette des plaisanteries dignes d’OSS 117, en s’amusant que son ministre de l’Intérieur soit revenu vivant d’Algérie, il y a quelques décennies ou sous des latitudes moins clémentes, serait couvert d’œufs pourris, chassé de l’espace public, démis de ses fonctions, dans la version exempte du bonus « républicain », la cerise sur le gâteau, ou plutôt la fraise des bois à la lanterne.

Mon vieux fond patriote a tellement haï Hollande. Je suis d’une autre époque, où on avait des principes. J’ai mis du temps à comprendre la logique du Parti. Pourquoi lui ? J’ai passé des mois à me le demander. J’aime la tragédie. J’aime l’idée que tout soit grotesque. Mais là, tout de même. François Hollande.

J’ai fini par comprendre ce que voulait le Parti.

Bien sûr que nous l’avons, notre héros. Ça ne fait aucun doute. Hollande est le plus superbe anti-héros dont nous pouvions rêver. Hollande est la dernière étape. Le « bond-test » le plus absolu. Voilà ce que doit se dire Big Brother : si durant son mandat rien ne se passe, tout pourra donc se passer. Personne ne réagira jamais plus. Machiavélique. Le test est tellement violent que je crois que même si Hollande survit à son quinquennat, la République n’y survivra pas. Comment être président après lui ? Il a tué la fonction présidentielle. La caque sentira toujours le hareng.

Si Big Brother fait ça, c’est que Big Brother sait. Si le Parti est capable de survivre à François Hollande, alors l’idée même d’espoir paraîtra insensée à nos plus féroces dissidents.

Le Parti sera éternel, et plus personne n’en doutera.

Bien plus qu’une créature, Hollande est une œuvre. L’aboutissement d’une inversion de tout, l’anéantissement organique d’un régime, d’une époque, d’une nation.

Laurent Obertone,

Extraits de La France Big Brother

Source : RING.fr

sep2

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

(4 commentaires)

  1. Bravo et merci M. Obertone ! Il est toujours plus urgent de parler des conséquences que du personnage lui-même. Perso, j’ai grandi sous De Gaulle et depuis, je n’ai plus de président en fonction. Seul, Vladimir Poutine peut me servir de référence et tant mieux s’il les énerve en concentrant toute leur haine et toutes leurs peurs !
    (J’en profite pour rappeler que la haute trahison reste incompatible avec toute dignité même si à cause d’elle, elle n’est plus citée par la Constitution).
    Salutations sincères à toute la dissidence !

  2. Merveilleuse et pertinente diatribe…..malheureusement fondée…c’est à lui, le  » moi président « , qu’il faut l’adresser. À cet infatué crétin dont j’ai espéré, moi aussi, pendant un temps, qu’il s’agissait d’une stratégie personnelle , qui, si elle était absolument délétère pour nous, aurait eu au moins le mérite d’exister…comme vous Patrice B, je pense que ce pauvre type met encore plus en perspective le génie et surtout le courage du seul homme politique du monde (ou presque ) qui mourra debout. Vladimir Poutine. Amicales et dissidentes salutations à tous.

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