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Il est des sujets qui empoisonnent la vie politique et les relations internationales pendant des décennies. La question du génocide arménien en fait partie, et il ne nous semble pas présomptueux de supposer que le centenaire de l’évènement portera avec lui son lot de polémiques. Ce fut le cas à plusieurs reprises dans notre histoire récente. En effet, la France compte aujourd’hui 300 000 à 500 000 citoyens descendants des réfugiés arméniens ayant fui les massacres de 1915-1916. En 2002, quand, dans une manœuvre électoraliste dont le régime républicain est coutumier, la gauche et la droite parlementaires avaient voté une loi proclamant : « la République française reconnaît le génocide arménien », la réaction de la Turquie ne se fit pas attendre. Il s’en suivit une véritable crise diplomatique. En 2006, de nouveau en vue de l’élection présidentielle à venir, le parti socialiste donna dans la surenchère en proposant de pénaliser la négation du génocide, ce qui se solda par un échec. En 2011, toujours en vue d’élections à venir, Nicolas Sarkozy, qui avait rejeté le texte de 2006 proposé par les socialistes en vue de conserver de bonnes relations avec la Turquie, fit volte-face et relança le projet afin de gagner à lui les électeurs d’origine arménienne.

Dans la République française, cynisme rime si bien avec « opportunisme ». Le 22 décembre 2011, une députée UMP dépose une proposition de loi prévoyant de sanctionner d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende la négation, ainsi que la minimisation, d’un génocide reconnu par la République française. Une fois encore, les Turcs réagirent immédiatement face à ce qu’ils ne peuvent voir que comme une intrusion étrangère dans leurs affaires intérieures, menaçant les entreprises françaises de mesures de rétorsion.

En effet, la République turque, qui succéda à l’empire Ottoman en 1923, conteste la responsabilité des massacres et rejette le qualificatif de « génocide ». Elle attribue la responsabilité des faits au sultanat qu’elle a remplacé, ou encore aux aléas et aux nécessités de la guerre (1). Elle affirme également que les massacres n’étaient pas motivés par une idéologie raciale et qu’ils ne visaient pas à l’extermination systématique du peuple arménien. Certes, si Mustafa Kemal lui-même, père de la Turquie moderne, a pu qualifier le massacre des Arméniens d’ « acte honteux », les historiens turcs ne peuvent toujours pas, aujourd’hui encore, se pencher avec sérénité sur la question, d’autant que contester la ligne officielle héritée de la fondation de la République turque étant passible de poursuites (2). Alors que le centenaire de ces évènements tragiques s’apprête à être commémoré, il nous a semblé important d’effectuer un retour sur ces derniers, afin, d’une part, de présenter les faits et les preuves attestant leur réalité, tout en n’oubliant pas de les contextualiser, et d’autre part, de poser les questions de la notion de génocide et des enjeux mémoriels sous un angle politique.

Un sultanat en déclin et une politique annonciatrice du drame

Le génocide arménien doit se comprendre à la lumière de la situation dans laquelle se trouvait l’Empire ottoman, où vivait une importante minorité arménienne, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle. A la fin de ce siècle, 2 millions d’Arméniens vivaient dans l’Empire ottoman (sur une population totale de 36 millions). Le gros des Arméniens de l’Empire vivaient dans l’ancien royaume d’Arménie, au pied du Caucase (3). Ils étaient également majoritaires en Cilicie (sud de l’Anatolie), et étaient en outre présents dans la capitale, Istanbul (ou Constantinople), au Liban ainsi qu’à Jérusalem.

Leur sort dans la société ottomane n’était guère enviable. A. Toynbee, historien britannique, rapporte : « Ils ont toujours été traités en race conquise, et n’ont jamais eu le droit de porter les armes, ce qui (…) les laisse à la merci de leurs voisins musulmans » (4). Ils constituaient néanmoins un groupe laborieux et dynamique, dont le niveau culturel était assez élevé, les cadres biens formés, et jouant un grand rôle dans la vie de l’Empire.

En cette fin de XIXe siècle, toutefois, l’Empire ottoman connaissait une phase de déclin. En 1876 s’ouvre le règne du sultan Abdul-Hamid II, qui, en tant que chef spirituel revendiqué des musulmans (Calife), attisait les tensions religieuses dans le but de consolider son pouvoir. Il craignait également que les Arméniens, population intelligente et active ne cherchât à s’émanciper du joug turc, à l’image des peuples Balkaniques, tels les Bulgares.

Entre 1894 et 1896, le Sultan fit massacrer 200 000 à 250 000 arméniens, qui demandaient des réformes institutionnelles, en s’appuyant sur les populations Kurdes armées par ses soins. Les violences atteignent jusqu’à la capitale de l’Empire ottoman, Istanbul, où la population armée de gourdins se déchaîne contre les Arméniens.

Selon André Larané (5), « un million d’Arméniens sont dépouillés de leurs biens et quelques milliers convertis de force. Des centaines d’églises sont brûlées ou transformées en mosquées… Rien qu’en juin 1896, dans la région de Van, au cœur de l’Arménie historique, pas moins de 350 villages sont rayés de la carte ». Un observateur américain, George Hepworth qui enquêta en Arménie deux ans plus tard, écrit : « Pendant mes déplacements en Arménie, j’ai été de jour en jour plus profondément convaincu que l’avenir des Arméniens est excessivement sombre. Il se peut que la main des Turcs soit retenue dans la crainte de l’Europe mais je suis sûr que leur objectif est l’extermination et qu’ils poursuivront cet objectif jusqu’au bout si l’occasion s’en présente. Ils sont déjà tout près de l’avoir atteint » (Bernard Bruneteau, Le siècle des génocides, Armand Colin, 2004). L’histoire allait lui donner raison.

La politique passéiste du Sultan provoqua l’insurrection des « Jeunes Turcs » (6), de jeunes officiers reprochant au sultan sa complaisance envers les pays étrangers (il s’était en effet rapproché de l’Allemagne de Guillaume II). Leur but était de promouvoir la modernisation de l’Empire, ainsi que la naissance d’un sentiment national turc. Le 27 avril 1909, ils déposent Abdul-Hamid II, et le remplacent par Mohamed V, qui sera dorénavant surveillé par le CUP (Comité Union et Progrès) dirigé par Enver Pacha. Certains crurent qu’avec l’établissement de ce gouvernement constitutionnel et la proclamation de l’égalité des droits civils pour tous les citoyens ottomans, la situation des minorités de l’Empire allait s’améliorer. Ils durent rapidement déchanter.

Le principal souci des Jeunes Turcs sera dès lors de créer une nation turque ethniquement homogène. Les violences envers les arméniens d’Asie mineure se multiplient dès leur prise de pouvoir. 25 000 à 30 000 d’entre eux sont tués à Adana, le 1er Avril 1909 (7). Ils lancent dans le même temps des campagnes de boycott des commerces tenus par des Grecs, des Juifs ou des Arméniens, exploitant le ressentiment des musulmans turcs suite à leur défaite dans les Balkans, dont ils ont été chassés.

Un voyageur, Noël Buxton, présent en Arménie ottomane au début de l’année 1914, quelques mois avant la guerre, rapporta que les Jeunes Turcs avaient strictement suivi la politique d’Abdul Hamid, en armant les Kurdes, et qu’un nouveau désastre du type des massacres d’Adana pouvait avoir lieu à tout moment. Nous pouvons constater que les massacres des années 1915-1916 ne constituent pas des actes isolés ou purement circonstanciels mais s’inscrivent dans une politique de longue durée, menée dans une optique religieuse par Abdul Hamid – rappelant les atrocités commises par l’Etat islamique de nos jours envers les chrétiens d’Orient – puis politique et ethnique par les Jeunes Turcs, visant à homogénéiser la population présente sur le territoire turc, contre des populations présentes depuis des siècles (8).

Le Premier conflit mondial, exacerbant les tensions internes à l’Empire ottoman, va aggraver la situation des Arméniens, en donnant un prétexte aux Jeunes Turcs pour mettre en exécution un projet qui, nous y reviendrons, semble avoir été mûri de longue date. Quand le conflit éclate, les Jeunes Turcs poussent Mahomet V à s’allier contre la Russie aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche. L’empire ottoman déclare la guerre le 1er Novembre 1914. Dans un premier temps, les Turcs tentent de soulever les Arméniens de Russie contre le Tsar. Ils connurent, évidemment, compte tenu de leur politique des années précédentes, un échec d’autant plus cuisant qu’ils sont vaincus à Sarilkamish par les Russes le 29 décembre 1914.

Suite à cette défaite, les troupes russes envahissent l’empire ottoman. Ayant perdu 100 000 hommes, l’armée turque bat en retraite, multipliant les violences envers les Arméniens dans les territoires qu’elle traverse. Les exactions commises par les Turques favorisent le retournement des Arméniens en faveur des Russes. Le 7 avril 1915, un gouvernement arménien autonome est proclamé dans la ville de Van, à l’Est de la Turquie. Un décret fut lancé par Istanbul, en vertu duquel tous les arméniens devaient être désarmés (y compris ceux qui se trouvaient sous les drapeaux, réaffectés dans des bataillons spéciaux de travail). C’est à ce moment que, dans les campagnes et dans les villes commença le règne de la terreur pour les Arméniens. En effet, le gouvernement exigeait qu’on lui livrât un nombre précis d’armes, ceux qui ne pouvaient les fournir furent torturés, et ceux qui s’en procurèrent pour livrer le compte demandé furent emprisonnés pour conspiration contre le gouvernement.

Les faits (1915-1923)

La réaction des Jeunes Turcs ne se fit pas attendre. Profitant de la situation de guerre, ils espèrent pouvoir éliminer tous les Arméniens d’Asie Mineure, qu’ils considèrent comme le foyer national de leur seul peuple. Tallat Pacha, ministre de l’intérieur, ordonne le 24 avril 1915 la suppression des élites arméniennes de Constantinople, puis de l’armée (9). 600 notables arméniens sont assassinés. C’est le début du génocide à proprement parler. Les prochaines victimes ciblées sont les populations arméniennes des sept provinces orientales de l’Anatolie. Les Arméniens vivant dans les provinces arabophones du Liban et de Jérusalem ne furent quant à eux jamais inquiétés (10).

Un télégramme transmis par Pacha aux Jeunes Turcs de la préfecture d’Alep est sans ambiguïté : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l’âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici » (11).

L’historien anglais Arnold Toynbee, après une enquête sur place, affirme que le gouvernement destituait les fonctionnaires locaux ne faisant pas preuve de suffisamment de zèle.

Dans la première phase du génocide, les hommes du gouvernement ottoman rassemblaient les hommes de moins de 20 ans et de plus de 45 ans et les exilaient de leur région natale pour effectuer des travaux forcés. Un certain nombre d’hommes furent aussi éliminés sur place.

Cette « Loi provisoire de déportation » (27 Mai 1915) donnait un cadre réglementaire pour la déportation des survivants et l’expropriation des victimes (12). Les notables et les jeunes hommes ayant été déportés, les agents ottomans pouvaient, dans les villes et les villages, rassembler les femmes et les enfants, qu’ils réunissaient ensuite en convois et déportaient vers le sud. Ces convois se déployaient dans des conditions terribles, sous la dure chaleur de l’été, sans nourriture et sans eau, harcelés par les Kurdes. Beaucoup moururent en chemin. Les jeunes femmes ou adolescentes ayant survécu furent enlevées par les Turcs ou les Kurdes, réduites en esclavage et vendues, ou converties de force à l’Islam et mariées à des Turcs.

En septembre 1915, c’est au tour d’autres arméniens de Turquie de subir la vindicte du gouvernement ottoman. Ils seront convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux, puis transférés dans des camps de concentration dans le désert où ils succomberont en secret.

On estime que les deux tiers de la population arménienne de l’Empire Ottoman disparurent au cours de l’Eté 1915, soit au total 1,2 million de morts. En Europe et aux Etats-Unis, les nouvelles sur les massacres ne restèrent pas sans émouvoir l’opinion. Le sultan justifiait sa politique en brandissant la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires. Certaines informations sur le génocide furent censurées par le gouvernement allemand, qui entretenait en Turquie, une importante mission militaire.

La décision de procéder à l’élimination des Arméniens venait essentiellement de membres du Comité Union et Progrès : Enver (ministre de la défense), Talaat (ministre de l’intérieur) (13), Djemal (Marine), ou encore l’idéologue Ziya Gökalp. Après la guerre, les principaux responsables des exactions, dont Talaat Pacha se réfugièrent en Allemagne. Ce dernier fut d’ailleurs assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune arménien Soghomon Tehlirian. Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et le nouveau gouvernement ottoman prévoyait de juger les responsables.

Le jugement sera malgré tout empêché par le général Moustafa Kémal, d’abord favorable à cette résolution. Dans l’optique de ressouder la nation turque, face à l’Occident, et surtout face aux Grecs, il décida de faire volte-face. Il alla même jusqu’à décréter une amnistie générale, le 31 mars 1923. Il fit également expulser les Grecs de Turquie, pourtant présents en Anatolie depuis la haute Antiquité. Istanbul dont la population était aux deux-tiers chrétienne en 1914, devint exclusivement turque et musulmane.

Le souvenir de ce génocide fut alors occulté dans l’opinion publique occidentale jusqu’aux années 1980, avec les enquêtes menées par l’Église arménienne et de jeunes militants de la troisième génération des survivants. Dès lors, les historiens multiplièrent les enquêtes et les témoignages sur le sujet.

Les preuves

Intéressons-nous à présent aux preuves confirmant la vérité des massacres perpétrés par le gouvernement des Jeunes Turcs à l’égard des Arméniens. Le premier ouvrage traitant du sujet, intitulé Les massacres des arméniens, le meurtre d’une nation (1915-1916), fut écrit par Arnold J. Toynbee, immédiatement après les faits. Les évènements étaient pourtant déjà connus et médiatisés en Occident.

Dans un chapitre de cet ouvrage intitulé « Les preuves », Toynbee énumère les sources sur lesquelles repose son livre : « La brochure suivante est fondée sur des preuves inattaquables. Ce sont les récits des missionnaires, allemands aussi bien que suisses, américains ou citoyens de pays neutres. Ce sont les rapports des consuls, qui se trouvaient dans les villes mêmes y compris les représentants de l’Empire allemand. Ce sont les nombreuses lettres particulières, et les lettres publiées par les journaux neutres et par ceux des Alliés, qui donnent les témoignages des témoins oculaires sur ce qu’ils ont vu. Et ce sont aussi les dépositions personnelles, faites sous serment, et qui ont déjà été publiées, par une commission composée de citoyens éminents des Etats-Unis. Plus l’on étudie attentivement ces témoignages impartiaux, et plus l’on voit qu’ils se confirment les uns les autres jusque dans les détails les plus minutieux. » (14).

Les témoignages sont en effet nombreux, tant chez des observateurs ennemis, neutres qu’alliés de la Turquie, ils constituent en effet l’une des principales sources, « faute de disposer des archives internes détruites » (Claire Mouradian).

Arnold Toynbee lit à travers les différents témoignages l’exécution d’un « crime [qui] fut préparé de façon très systématique, car nous avons la preuve que la façon d’agir fut la même dans plus de cinquante endroit différents » (15).

C’est également l’opinion de Lord Bryce : « les massacres sont le résultat d’une politique qui, autant qu’on peut s’en rendre compte, était voulue depuis longtemps par la bande d’aventuriers sans scrupules qui possèdent maintenant le gouvernement de l’Empire ottoman. Ils ont hésité à la mettre à exécution, jusqu’au jour où ils ont cru que le moment propice était arrivé, c’est-à-dire vers le mois d’avril. Ce fut à cette époque qu’ils donnèrent leurs ordres, ordres qui vinrent toujours de Constantinople, et que les fonctionnaires durent exécuter sous peine d’être mis à pied sur-le-champ » (16).

Toynbee rajoute qu’en effet, « il n’y eut que deux cas seulement (…) où les fonctionnaires refusèrent d’exécuter les instructions du gouvernement » (17). Il cite également un autre cas tout à fait inverse d’un sous gouverneur qui répondit aux protestations d’un missionnaire allemand : « Quand même la loi et le Sultan voudraient m’en empêcher, j’exécuterais ces ordres, malgré tout, et j’agirais suivant ma volonté » (18).

Enfin, la dimension génocidaire, donc planifiée (19), est d’autant plus flagrante quand l’on tient compte du bain idéologique darwinien dans lequel baignaient les acteurs principaux de l’Etat ottoman d’une part, ainsi que, d’autre part, comme l’a souligné Lord Bryce, qu’ « il n’y avait aucune animosité de la part des musulmans contre les chrétiens arméniens. Le crime a été perpétré non par fanatisme religieux, mais par la volonté du gouvernement, qui désirait pour des raisons purement politiques, se débarrasser des sujets non musulmans qui empêchaient l’homogénéité de l’Empire et constituaient un élément impatient de tout joug. » (20).

Nous avons vu en effet que les violences perpétrées contre les Arméniens entre 1915 et 1916 faisaient suite à d’autres violences du même type, et il convient d’ajouter que d’autres minorités furent touchées, simultanément ou quelques temps après : Assyro-chaldéens, Grecs du Pont ou de Smyrne, Kurdes Yézidis, chrétiens maronites du Liban, Juifs de Palestine, également victimes de massacres, de déportations ou de famines organisées.

Cependant, le plan d’éradication des éléments non turcs d’Anatolie ne fut mené à son terme au cours de la première guerre mondiale, que dans le cas de l’Arménie (Mustapha Kemal poursuivra ce projet dans l’après-guerre). Ainsi, « il n’y a pas lieu de croire que, dans ce cas, le fanatisme musulman soit entré en jeu. Autant qu’il est possible de s’en rendre compte, si les natures les plus viles n’ont été que trop heureuses de saisir l’occasion de piller que leur donnaient les massacres et les déportations, la meilleure classe des musulmans religieux a regardé, avec horreur plutôt qu’avec sympathie, de telles boucheries. Ce serait exagérer que de dire que ces derniers ont souvent essayé d’intervenir, mais en tout cas ils ne semblent pas avoir approuvé la conduite du gouvernement turc » (21).

Pour finir, les propos de Tallat Bey, rapportés par Arnold Toynbee ainsi qu’Henri Morgenthau, ambassadeur des Etats-Unis à Constantinople entre 1913 et 1916 dans ses mémoires, sont sans équivoques : « Après cela, il n’y aura pas de question arménienne pendant cinquante ans ».

Allons plus loin : la question des génocides dans le monde contemporain

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En préface d’une récente édition du livre d’A. Toynbee, Claire Mouradian soulignait qu’au moment des faits « le terme ‘génocide’ », devenu aujourd’hui un enjeu politique tout autant qu’historique, judiciaire et moral, n’existe pas encore » (22).

Le terme fut en effet inventé par un juriste américain d’origine juive polonaise, Raphael Lemkin, et ne fut appliqué qu’à la suite de la Seconde Guerre Mondiale, avec le succès que l’on sait, avant de rentrer en 1948 dans la terminologie du droit international par la convention de l’O.N.U., comme une catégorie juridique particulière de crime contre l’humanité imprescriptible.

Nous l’avons déjà souligné, le terme génocide est en effet problématique. Personne n’ignore les récupérations politiques qu’il suscite, les enjeux qui l’entourent, les passions qu’il déchaîne, les entraves qu’il peut harnacher aux débats politiques ! D’autant plus que cette notion porte parfois une dimension rétroactive, si ce n’est en termes de réparations, au moins en termes symboliques (certains historiens l’emploient pour qualifier la Guerre des Gaules ! (23).

On sait également à quel point elle est fluctuante, à géométrie variable. On l’utilise pour le commerce triangulaire, qui n’avait pas pour but d’éliminer les populations réduites en esclavage mais de les exploiter comme main d’œuvre. Pourtant, de cette exploitation, a résulté des effets comparables à un génocide.

De même, si les crimes de la Révolution en Vendée, de par leur nature et leur ampleur, ont tout du génocide, il n’est pas évident que les Vendéens aient constitué une entité ethnique à part et homogène !

Peut-on parler de génocide de facto sans qu’il n’y ait intention de procéder au génocide (Guerre des Gaules, choc microbien suite à l’arrivée des européens en Amérique du Sud, Commerce Triangulaire) ? Peut-on parler de génocide quand les populations visées ne constituent pas une ethnie clairement distincte du reste de la population (Génocide Vendéen) ? Qu’est-ce qui, finalement, définit un génocide ? La nature des victimes ? L’intention des bourreaux ou supposés bourreaux ? Leur nature ? (une population, un Etat) ? Le résultat d’une politique indépendamment des cibles et des intentions ?

Il devient dès lors évident, qu’en dehors de certains cas, tels le génocide arménien, dans lequel les intentions génocidaires sont manifestes et où la population ciblée constitue bel et bien un groupe ethnoculturel à part, l’utilisation du terme génocide répond souvent à des nécessités politiques.

Au-delà des évènements, de leurs enjeux politiques, mémoriels, mais également affectifs, le cas arménien permet d’aborder tout un paradigme mental, de questionner notre rapport à l’histoire.

Tout d’abord, les diverses polémiques entourant les sujets de mémoires, en particulier dans le cas de celles de persécutions, soulignent un rapport inédit, et selon nous malsain, à la victime. Qu’on entende bien où nous voulons en venir : il ne s’agit pas de nier le statut de victime quand celui-ci est avéré. En tant qu’européens, pétris de charité chrétienne, nous sommes toujours prêts à témoigner une juste sympathie envers les souffrances d’autrui. Nous tentons malgré tout de réfléchir en nous détachant de toutes considérations affectives, afin d’analyser les mentalités de notre temps et d’apporter des remèdes à ce que nous trouvons en elles de nocif pour la paix sociale et la vie de nos peuples.

Et précisément, le culte de la victime, réelle ou supposée (24), est selon nous caractéristique d’une mentalité issu de l’idéologie des droits de l’homme, plaçant la somme des intérêts individuels (intérêt général) au-dessus du bien commun, ou les minorités au-dessus de la majorité (paradoxe démocratique !).

Ce nouveau statut de la victime, bien que sélectif, légitime qu’une minorité, du moment qu’elle puisse se justifier d’un statut de victime, puisse imposer sa volonté à la majorité. Ce culte de la victime sous-tend par là même un lobbying intense et communautaire (communautés ethniques, religieuses, ou sexuelles – quoi que ce dernier type de communauté puisse bien signifier par ailleurs !), au détriment du bien commun.

Certes, un tel rapport à la victime a des racines profondes, catholiques – le pauvre avait un rôle évangélique, était l’image du Christ -, mais a été perverti par une vision du monde centrée sur l’homme seul. L’avènement des droits de l’homme à l’échelle du monde, c’est-à-dire à partir de 1948, a institué une véritable compétition morale dont le sommet du podium est couronné par la victime (la victime absolue étant celle du Nazisme, cela va sans dire). Il en découle toute une bien pensance humanitariste, vérolant le débat politique, pouvant inhiber la réflexion des peuples contre ce qui leur nuit, ainsi qu’une compétition, et parfois même un business victimaire ! Le tout portant, malheureusement son lot de divisions, de violences horizontales, de ressentiments au sein des sociétés.

Cela nous amène à aborder un deuxième point : le sujet des lois mémorielles, et des lois de réparation. Dans un contexte où la victime est affublée d’une valeur morale intrinsèque, où une compétition fait rage en ce domaine, il devient naturel pour certains groupes, une fois posés en victimes (parfois des décennies après les faits dont ont été victimes leurs aïeux !) d’exiger des autorités publiques, et se faisant, de la société tout entière, des lois visant à entretenir le souvenir de leurs souffrances (jusqu’à exiger la repentance d’un autre groupe, voire de la nation elle-même !), ou à obtenir des réparations !

Nous avons vu que dans le cas arméniens, les lois furent proposées à l’initiative des pouvoirs publics, et pour de basses raisons électoralistes (ce qui est proprement scandaleux). Elles ont réveillé des tensions et des ressentiments aujourd’hui séculaires, et compromis nos relations avec la Turquie. Elles furent surtout prétextes à renforcer une législation mémorielle dont le fleuron fut la loi Gayssot (1990) pénalisant la « négation » du génocide des juifs d’Europe par le Troisième Reich au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Cette législation pose un autre problème : l’Etat, quel qu’il soit, est-il légitime à dire l’Histoire ? Nous affirmons qu’il n’en n’est rien, et que les questions d’histoire doivent être laissées aux historiens, dont elles sont le métier. Cela vaut pour l’Etat turc imposant la négation d’un génocide commis par le régime qui l’a précédé tout comme pour l’Etat français imposant une version inaltérable d’un autre génocide. Dans un cas comme dans l’autre, l’Etat s’impose dans un domaine où il n’est pas compétent, et d’autre part, témoigne d’une soumission à des intérêts politiques et/ou communautaires, considérations qui doivent rester en dehors de l’investigation historique !

Il en va de même des lois de réparation. Quelle est la légitimité de réparations payées longtemps après les faits en prélevant sur une population composée d’individus n’ayant pas connu les faits et n’y étant pour rien ? Certes, il ne s’agit pas pour nous de contester le principe de réparation, principe de droit, qui dans un moment proche des faits, se justifie pleinement.

Cependant, nous ne pensons pas pouvoir accepter la notion d’ « imprescriptibilité » accolée à une notion aussi fluctuante que celle de « génocide », qui implique que les réparations peuvent être réclamées à tout moment sans tenir compte du temps écoulé. Quand une association antillaise demande réparation à l’Etat français pour ce que les ancêtres de ses membres ont subi au temps du commerce triangulaire (25), nous nous disons avec ironie qu’il faudrait penser à demander à l’Italie réparation pour les crimes odieux de Jules César en Gaule, car cela reviendrait au même !

Il en va de même pour les réparations qu’a dû payer la SNCF – donc l’Etat français, donc le peuple de France – à la communauté juive américaine (26) afin de pouvoir passer un contrat avec une entreprise américaine. Jusqu’où s’arrête la logique réparatrice ? Aura-t-on jamais fini de payer ? Il va sans dire également que cette dynamique ne va pas sans diviser la population, le corps social tout entier, d’autant qu’elle ne facilite pas les rapports entre Etats. En effet, si la position intransigeante de la Turquie ne tient pas historiquement, nous ne pouvons que comprendre qu’elle vive comme une intrusion extérieure, une atteinte à sa souveraineté, la promulgation de loi fixant la version d’une histoire qui la concerne en premier chef par des Etats étrangers.

Ainsi, il ne s’agissait pas, à travers cet article, d’accabler qui que ce soit, ni de dresser un tableau manichéen des faits, mais de rappeler un triste épisode d’histoire, une malheureuse péripétie dont l’histoire humaine a l’habitude de nous gratifier. Il nous a également semblé nécessaire de ne pas nous limiter au simple récit des évènements, mais de traiter également quelques questions en lien avec ce thème. Si au regard des faits, la nature génocidaire et planifiée des évènements ne fait aucun doute, il n’en n’est pas pour autant opportun de légiférer sur le sujet, pas plus qu’il ne l’est d’exploiter les souvenirs douloureux d’une communauté à des fins électorales et partisanes, en compromettant au passage nos relations avec d’autres Etats.

Il serait en revanche opportun de saisir l’occasion pour repenser notre rapport à l’histoire. Il convient surtout de se réapproprier la notion de « mémoire », de l’arracher aux griffes des intérêts politiciens et communautaires, pour en faire le ciment identitaire qu’elle doit être.

Le problème du génocide arménien et de sa reconnaissance par la Turquie se pose d’autant plus que Turcs et Arméniens sont concernés au même titre que nous-mêmes par le projet eurasiste dont nous nous réclamons. Or, l’Asie mineure et plus largement le Moyen Orient, sont situés sur le heartland, le verrou eurasiatique que les forces atlantistes tentent par tous les moyens de déstabiliser. La question du génocide constitue dans ce contexte une véritable pomme de discorde, et sa reconnaissance en tant que tel pourrait constituer un point de départ pour une réconciliation des deux nations, cimentant du même coup une entente eurasiatique dans la région.

Enfin, alors qu’en ce mois d’Avril, cent ans se seront écoulés depuis le point de départ du terrible engrenage, peut-être qu’en européens, réfléchissant sur ces questions complexes et parfois douloureuses, nous nous rappelions une leçon d’Homère, qui, à la fin de l’Odyssée, écrivait la déesse Athéna répendant l’oubli sur les familles des prétendants qu’Ulysse avait massacré à son retour à Ithaque. Ainsi la cohésion d’une cité passe-t-elle par la mémoire, mais par moment, également par l’oubli, nécessaire pour prendre un nouveau départ sur des bases saines. Ne pas oublier sans accabler, reconnaître sans s’accabler, semble être la bonne démarche à suivre quand il s’agit de nos rapports avec un passé douloureux.

« …il faut aborder de telles tâches avec un esprit juste et raisonnable. Il faut agir ici sans passion et aussi sans hypocrisie. Nous devons oublier cette guerre et les souffrances qu’elle nous a apportées. Nous devons oublier nos prétentions à nous dire vainqueurs. L’avenir ne se construit pas dans la haine ou la peur, ni sur l’humiliation des autres ».

Maurice Bardèche, « Nuremberg ou la terre promise ».


Notes

(1) Au cours de la Grande Guerre, l’empire ottoman, allié aux empires centraux contre l’Entente (France, Russie, Angleterre), aurait pu craindre une alliance entre les Russes et les Arméniens de l’empire contre eux, sur la base de leur religion commune. Le gouvernement ottoman de l’époque, a justifié ses actes par la situation de guerre, les responsables turcs contemporains reprennent cet argumentaire. Il convient toutefois de souligner que les Arméniens touchés n’habitaient pas de zone militaire. Il n’y a pas de corrélation entre les villes et villages ciblés par les Turcs et la proximité des zones de combat. La plupart se situait à l’intérieur de l’Anatolie, loin de la frontière du Caucase, et des Dardanelles, où avaient lieu les hostilités. Aucune de ces communautés n’étaient en mesure de collaborer avec l’Entente. Enfin, comme le souligne A. Toynbee : « Le gouvernement ottoman ne peut déguiser son crime sous le nom de mesure préventive, car les Arméniens étaient si loin de nourrir de sinistres desseins contre le gouvernement, qu’ils n’essayèrent même pas de résister après que celui-ci eut signé leur arrêt de mort. En réalité, il n’y a que deux cas dans lesquels le décret de déportation rencontra quelque résistance sérieuse » (p. 108).

(2) Les historiens turcs se retrouvent ainsi dans la même situation que les historiens français voulant travailler sur les déportations des juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale (en vertu de la loi Gayssot, 1990), à la différence près que l’Etat turc conteste un génocide, quand l’Etat français affirme avec insistance la vérité de l’holocauste telle qu’élaborée au Procès de Nuremberg de 1945-1946 (nous rappellerons que le tribunal de Nuremberg était un tribunal militaire). Les deux situations peuvent paraître différentes, mais elles participent d’un même phénomène contemporain sur lequel nous reviendrons.

(3) Rappelons pour mémoire que le royaume d’Arménie fut le premier royaume chrétien de l’histoire.

(4) Cette interdiction, entre autres, leur était imposée en vertu de leur statut de dhimmis (« protégés ») au même titre que tous les peuples non-musulmans, mais fidèle d’une religion du Livre, de l’Empire

(5) Dont l’article sur le sujet est consultable en ligne sur le site : http://www.hérodote.net

(6) Le mouvement des Jeunes Turcs apparait à la fin des années 1880 dans les milieux estudiantins en réaction au régime autoritaire d’Abdul Hamid. D’abord divisé en deux courants (ottomanistes libéraux et décentralisateurs, ou nationalistes turcs et jacobins), pourchassés par le régime et contraint à l’exil, ils se fédérèrent en 1907 autour du « Comité Union et Progrès » d’Ahmed Riza, et de la Société ottomane de la liberté (constituée en 1906 comme une société secrète, recrutant parmi les bureaucrates et les officiers, en relation avec la Franc-Maçonnerie et diverses confréries). (D’après une annotation de Claire Roudian au texte d’A. Toynbee).

(7) Les chiffres sont donnés par Arnold J. Toynbee.

(8) Les Grecs et les Arméniens étaient présents en Anatolie bien avant la conquête turque ottomane (XIVe-XVe siècles).

(9) Les Jeunes Turcs avaient étendu l’obligation du service militaire aux chrétiens, traditionnellement dispensés en vertu de leur statut de dhimmis. Les Arméniens s’étaient d’ailleurs distingués lors des guerres balkaniques. De même, au cours de la Grande Guerre, les officiers et soldats arméniens semblent avoir fait preuve de leur fidélité (ils ont, selon André Larané, globalement moins déserté que leurs compatriotes turcs), malgré le récent massacre perpétré contre les leurs à Adana en 1909.

(10) Ce qui est généralement souligné par les négateurs turcs du génocide, arguant que pour les Jeunes Turcs, il ne s’agissait pas d’éliminer une ethnie à l’échelle de l’Empire ottoman. Cependant, le fait que les violences ne furent tournées essentiellement que vers les Arméniens présents sur le sol turc n’enlèvent rien à la dimension ethnique du massacre (ne vouloir épurer qu’un territoire particulier d’un espace plus grand reste de l’épuration).

(11) Cité par André Larané sur hérodote.net.

(12) Un extrait du American committee’s Report, rassemblant plusieurs témoignages, fait état de ces spoliations : « La police enlève les meubles des milliers de maisons arméniennes de la ville, l’une après l’autre…, et une foule de femmes et d’enfants turcs suivent la police, comme une bande de vautours, et prennent tout ce dont ils peuvent se saisir ; et lorsque la police enlève d’une maison les objets les plus précieux, ils se précipitent à l’intérieur et s’emparent de tout ce qui reste. Je vois cela s’accomplir tous les jours de mes propres yeux. ». Extrait du rapport du consul américain de Trébizonde Oscar H. Heizer.

(13) Tallat, Pacha Mehmmed (1874-1921), ministre de l’Intérieur lors du génocide. Né à Edirné, dans une famille dömne (juif converti à l’Islam), simple envoyé puis chef du Bureau du Télégraphe de Salonique, il joue un rôle important dans la révolution Jeune-Turque de 1908. Député d’Edirné au parlement ottoman, il entre au gouvernement, comme ministre des Postes, puis à l’Intérieur. Il est aussi élu secrétaire général du Comité Union et Progrès en 1912. Il est considéré par la plupart des observateurs, y compris par son acolyte Djémal Pacha qui essaye de se dédouaner de sa responsabilité dans ses mémoires, comme le grand ordonnateur et organisateur du génocide, transmettant directement ses ordres aux gouverneurs et agents unionistes locaux par le télégraphe. Grand Vizir de février 1917 au 14 octobre 1918, il s’enfuit après la capitulation à Berlin, où il est assassiné par Soghomon Tehlirian, le 15 Mars 1921. (Arnold Toynbee). Sa dépouille fut rapatriée en 1943 d’Allemagne en Turquie où un mausolée lui a été érigé à Istanbul. Un boulevard d’Ankara porte aussi son nom. (Claire Mouradian).

(14) Arnold J. Toynbee, Les massacres des Arméniens. Le meurtre d’une nation (1915-1916), Payot, 1916, (édition de 2004), p. 41.

(15) Arnold J. Toynbee, Les massacres des Arméniens. Le meurtre d’une nation (1915-1916), Payot, 1916, (édition de 2004), p. 59.

(16) Arnold J. Toynbee, Les massacres des Arméniens. Le meurtre d’une nation (1915-1916), Payot, 1916, (édition de 2004), pp. 30-31.

(17) Arnold Toynbee, p. 60.

(18) Extrait issu de l’Amercan committee’s report, du témoignage de la missionnaire allemande W. H. Hunecke du 20 juillet 1915.

(19) « Je n’avais pu me décider à croire que les Arméniens avaient été chassés de leurs foyers par l’ordre du gouvernement central. C’a été seulement à Constantinople que j’ai appris ce fait, et j’ai appris aussi que la pression exercée par les ambassades n’avait eu aucun effet. » Cet extrait d’une lettre écrite par un arménien à un citoyen américain et publiée le journal arménien Gotchnag à New-York, le 4 Septembre 1915, tend à montrer l’aspect systématique des persécutions.

(20) Lord Bryce, dans Arnold J. Toynbee, Les massacres des Arméniens. Le meurtre d’une nation (1915-1916), Payot, 1916, (édition de 2004), p. 31.

(21) Lord Bryce, dans Arnold J. Toynbee, Les massacres des Arméniens. Le meurtre d’une nation (1915-1916), Payot, 1916, (édition de 2004), p. 31.

(22) Claire Bouradian, préface à Arnold J. Toynbee, Les massacres des Arméniens. Le meurtre d’une nation (1915-1916), Payot, 1916, (édition de 2004).

(23) Les massacres commis par les Romains au cours de la Guerre des Gaules, pour terribles qu’ils aient été, ne différaient pas d’autres violences dont l’armée romaine, dont la brutalité était notoire, s’était malheureusement rendue coutumière. Faut-il qualifier de Génocide le sac de l’Epire ? La destruction de Carthage et Corinthe ? L’extension du terme peut dans ce cas être infinie au point de ne plus vouloir rien dire !

(24) La « victime » en effet, peut être le produit d’un renversement lexical idéologique, nous pensons par exemple aux cas où un individu coupable d’un délit ou d’un crime bénéficie du laxisme institutionnel en vertu d’un supposé statut de « victime de la société » (victime de la pauvreté, de l’exclusion, d’une enfance difficile etc…) au détriment des victimes véritables, celles qui subissent les désagréments produits par la conduite dudit individu.

(25) Voir : http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/faitsdivers/200-milliards-d-euros- pour-la-reparation-de-l-esclavage-229432.php

(26) Voir : http://www.lefigaro.fr/societes/2014/12/05/20005-20141205ARTFIG00353-la-france- va-verser-60-millions-d-euros-aux-victimes-americaines-de-la-shoah.php


Charles Horace,

pour la Dissidence Française

separateur

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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