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Parmi la longue liste des malfaisants, responsables de l’état d’esprit métissé régissant notre société, figurent les publicitaires. On y trouve de tout: trotskistes reconvertis, branchés cocaïnomanes, “speedés” maniant le franglais “marketingisé”, graphistes laborieux et honnêtes; ce sont les bataillons, très souvent conscients, de créatifs qui engorgent nos murs, nos écrans et nos journaux de photos, slogans et spots destinés à nous familiariser avec l’évidence : le monde multiculturel existe et consommé!

Frédéric Beigbeder, publiciste parisien, sortait un ouvrage qui allait le propulser au firmament de l’audimat . Il y raconte l’histoire d’Octave, rédacteur publicitaire riche et branché qui “décide aujourd’hui de ce que vous allez vouloir demain”. L’éditeur situe le bouquin entre la fiction et le pamphlet; il le qualifie de dénonciation du mercantilisme culturel.

Ce pavé, bien conventionnel, jeté dans la mare putride de la publicité parisienne mérite une attention soutenue; les sujets de réflexion y sont nombreux et les analyses au vitriol souvent pertinentes.

Un but

En introduction, l’auteur cite notamment Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes): “Il n’y a aucune raison pour que les totalitarismes nouveaux ressemblent aux anciens. Le gouvernement au moyen de triques et de pelotons d’exécution, d’emprisonnement et de déportations en masse, est non seulement inhumain (cela, personne ne s’en soucie fort de nos jours); il est -on peut le démontrer- inefficace: et, dans une ère technologique avancée, l’inefficacité est le péché contre le Saint-Esprit. Un Etat totalitaire vraiment “efficient” serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs auraient la haute main sur une population d’esclaves qu’il serait inutile de contraindre, parce qu’ils auraient l’amour de leur servitude. La leur faire aimer – telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d’aujourd’hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef de journaux et aux maîtres d’école.” La deuxième citation est plus courte et est extraite de la chanson “Foule sentimentale” d’Alain Souchon : “On nous inflige des désirs qui nous affligent”.

Ces deux phrases peuvent être considérées comme les lignes de force de la trame du livre de Beigbeder. Bien que le bouquin soit inégal, il est très représentatif d’une caste peu connue mais omnipuissante car, selon l’expression usuelle, elle continue à rendre les riches plus riches et donc…les pauvres plus pauvres.

Morceaux choisis: “dans la profession de publicitaires, personne ne souhaite votre bonheur car les gens heureux ne consomment pas”; ou encore, “pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Nous vivons dans le premier système de domination de l’homme par l’homme contre lequel même la liberté est impuissante. Au contraire, il mise tout sur la liberté, c’est là sa plus grande trouvaille. Toute critique lui donne le beau rôle, tout pamphlet renforce l’illusion de sa tolérance doucereuse. (…). Le système a atteint son but: même la désobéissance est devenue une forme d’obéissance.”

Une méthode

Le système étant ce qu’il est, les publicitaires s’y adaptent très aisément et contribuent à le faire croître et embellir. Au nom de la sacro-sainte croissance (cette immense accumulation de marchandises, selon Karl Marx), il faut développer le “village global” et cela, à tout prix. Pas de limites; les publicitaires méprisent le public et veulent le maintenir dans l’acte d’achat stupide et conditionné. “Dans leur esprit, ils s’adressent à la “mongolienne” de moins de cinquante ans”. Autres passages révélateurs: “Idéalement, en démocratie, on devrait avoir envie d’utiliser le formidable pouvoir de la communication pour faire bouger les mentalités au lieu de les écrabouiller. Cela n’arrive jamais car les personnes qui disposent de ce pouvoir préfèrent ne prendre aucun risque. Les annonceurs veulent du prémâché, du prétesté, ils ne veulent pas faire fonctionner votre cerveau. Un jour, ils vous tatoueront un code-barre sur le poignet. Ils savent que votre seul pouvoir réside dans votre Carte bleue. Ils ont besoin de vous empêcher de choisir. Il faut qu’ils transforment vos actes gratuits en actes d’achat”.

Pour être certain de maîtriser les comportements du consommateur, les spécialistes du Marketing influent sur les produits, sur la nature pour modifier nos goûts et les rendre dépendant de l’offre du marché. Exemples donnés: autrefois, il existait soixante variétés de pommes, il n’en subsiste que trois; un poulet met normalement trois mois à être adulte mais aujourd’hui, il ne s’écoule que 42 jours entre le l’œuf et le poulet vendu en hypermarché et élevé dans des conditions atroces (25 bêtes par mètre carré, nourries aux antibiotiques et anxiolytiques); Coca-Cola (1,49 milliards d’Euros de budget publicitaire) a remplacé la cocaïne du breuvage par de l’acide phosphorique et de l’acide citrique pour donner l’illusion de la désaltération et créer une accoutumance artificielle, etc., etc. Manipulations génétiques, affaiblissement immunitaire volontaire, rachat de brevets écologiques ou économiques, mensonges avérés constituent le lot commun de sociétés plus puissantes que les Etats (à titre d’exemple, la fortune personnelle de Bill Gates (Microsoft) équivaut au PIB du Portugal et le chiffre d’affaires de General Motors (168 milliards de dollars) équivaut au PIB du Danemark).

L’aspect “consommateur global” est peu évoqué dans le livre, ce qui démontre que malgré les nombreuses dénonciations, le politiquement correct ne touche pas au sacro-saint tabou du racisme. Les publicitaires constituent évidemment la voix des firmes multinationales dont l’objectif est de créer le consommateur unique et donc de niveler les identités afin de pouvoir “penser globalement et vendre localement”.

Un bénéfice

Le dernier aspect de la démonstration est la réponse à la question “à qui profite le crime”. Autrement dit, qui se cache derrière ces gigantesques multinationales si souvent dénoncées. Beigbeder, avec son vocabulaire habituel, et un épisode particulier décrit dans son ouvrage donne la réponse: “pour le publicitaire, vous n’êtes que du bétail à gaver, tout ce qui l’intéresse c’est votre fric dans la poche de ses actionnaires (les fonds de pension américains, c’est-à-dire une bande de retraités liftés en train de crever au bord des piscines de Miami). Et que tourne le Meilleur des Mondes Matérialistes”.

Les plus gros fonds d’investissement sont anglo-saxons et japonais (que l’on se souvienne du fonds de pension des pêcheurs japonais, créancier de la SABENA et qui ne suivait pas le plan Lippens-Davignon). Deux chiffres se doivent d’être cités: chaque jour 1000 milliards de dollars sont échangés sur les marchés internationaux et les trois plus gros fonds d’investissement sont américains et irriguent la planète de leurs 1000 milliards de dollars, soit 65% du PIB français.

Ces sommes phénoménales sont versées par vous et moi: vos cotisations, primes, épargnes sont collectées par les banques, assurances, sociétés de placement…. Tout cet argent se retrouve, de par le jeu des reprises, fusions et absorptions, aux mains de quelques puissantes institutions qui gèrent cet argent au mieux de…leur intérêt (rendement maximal, maximum de sécurité, maximum de disponibilité). Ces sociétés disposent de fonds d’investissement représentant les intérêts de riches groupes d’actionnaires, dont les pensionnés américains constituent le meilleur exemple. La puissance de ces groupes est immense car les entreprises du monde entier et les Etats industriels, dont les budgets sont perpétuellement déficitaires, ont besoin de capitaux…et font des courbettes devant de si puissants investisseurs potentiels.

Prenons quelques grands groupes français et examinons la partie des actions détenues par ces fonds d’investissement anglo-saxons: AXA (29%), CARREFOUR (20%), DANONE (-dénoncé sous le nom de MADONE par Beigbeder-) (35%), DEXIA (21%), PEUGEOT (25%), TF1 (12%), TOTALFINAELF (31%), VIVENDI UNIVERSAL (28%),…

Ces mêmes groupes sont créanciers des Etats et financent la dette publique (pour la France, à concurrence de 20%); ils pèsent donc directement sur notre vie politique et sociale.

Nous sommes bien loin de nos ennemis les publicitaires, pensez-vous? Pas du tout! Disposant de moyens phénoménaux, encouragés par un libéralisme économique débridé, débarrassé de tout contrôle étatique (puisque disposant d’une mainmise financière totale sur les Etats), spéculant à souhait sur l’économie mondiale et donc sur les économies nationales, le capitalisme anonyme et vagabond a deux objectifs vis-à-vis du consommateur final: d’une part, rentabiliser ses investissements en accroissant le chiffre d’affaires de ses sociétés et donc faire acheter tous les produits possibles et, d’autre part, chloroformer le peuple par un bourrage de crâne politiquement correct.

P. Marly

pour l’Association culturelle Zenit

Via le Cercle Non-Conforme

separateur

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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