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Contrairement au mensonge démocratique selon lequel l’individu est libre, le Système recourt, en réalité, à trois principales armes contre lui, censées garantir définitivement sa servilité et son uniformité :

D’abord, la déculturation, qui participe de la volonté politique de rendre les masses incultes, assujetties et malléables au possible, car un peuple sans conscience historique forte, déraciné, sans langage, sans socle culturel est un peuple qui meurt et c’est précisément ce que cherche le Système. C’est pourquoi, face à la prolétarisation intellectuelle de la population, orchestrée notamment par l’Éducation nationale, et étant donné que la culture par le livre est l’un des fondements de la civilisation européenne, la meilleure réponse au naufrage scolaire, dans l’attente d’un système d’éducation alternatif encore à inventer, reste plus que jamais la formation personnelle : dans un système qui fait tout pour nous abrutir, « lire, c’est résister », car la littérature nourrit l’individu, elle le construit en même temps qu’elle le différencie des autres.

Ensuite, la précarisation sociale et professionnelle, qui obéit, elle, à la volonté étatique de réduire et les travailleurs à des atomes économiques de moins en moins protégés et le chiffre de la catégorie des indépendants pour n’obtenir plus à terme que des salariés. Ainsi comprend-on mieux le rôle opéré par le racket fiscal (impôts, RSI), particulièrement lourd à l’adresse des modèles qui échappent à la matrice, et par la destruction du système protectionniste français (via le détricotage du droit du travail, par toujours plus de flexibilité et de libéralisme). Malgré ces mesures décourageantes, il n’en demeure pas moins nécessaire de sortir du règne du secteur tertiaire en s’orientant vers un métier positif, autrement dit de réinvestir ceux qui favorisent plutôt l’autonomie (apprentissage, artisanat, commerce de proximité…), au détriment des métiers par nature néfastes incompatibles avec notre vision du monde (communication, publicité, commerce international, traders, banquiers…). Il y a un moment où il faut être en accord avec ses convictions : on ne peut pas combattre le système tout en étant l’un de ses rouages…

Enfin, le crédit et l’endettement auprès des banques sont les moyens qui renforcent la soumission de l’individu à la structure économico-politique et sa sujétion à la dictature de la consommation. Dans l’obligation de se soustraire à cette « laisse économique », il faut naturellement bannir autant que faire se peut le recours à l’emprunt, mais encore « décoloniser l’imaginaire de la prégnance de la marchandise » (Alain de Benoist). Il convient donc immédiatement de se débarrasser du serviteur le plus zélé du Système, à savoir la télévision, puisque en tant qu’outil du divertissement bas de gamme, de propagande quotidienne, de contamination mentale inconsciente et du matraquage de références mercantiles présentées comme une façon de vivre indépassable, elle représente l’ennemi par excellence.

Concernant la globalisation, essentiellement caractérisée par l’ouverture des frontières, le libre marché et la migration de masse, c’est évidemment elle qui contribue à l’uniformisation accélérée du monde. Si l’on prétend dénoncer les expressions de cette mondialisation, il faut alors privilégier à son échelle le localisme et les circuits courts (ventes directes chez l’agriculteur, Amap) à la tyrannie de la grande distribution, modifier ses habitudes de consommation, hiérarchiser ses dépenses et ses besoins et donc les recentrer sur des choses fondamentales, comme la nourriture de qualité. Par respect pour la diversité des peuples, on refusera de cautionner le tourisme de masse, qui a cassé les sociétés traditionnelles (d’une manière bien pire que la colonisation ou la guerre), faute de quoi l’on valide purement et simplement la soumission de ces sociétés, aujourd’hui devenues des Club Med géants, à l’économie occidentale.

En dernier lieu, parce qu’il réduit l’existence humaine à une suite d’échanges économiques, le Système ridiculise toute dimension transcendante (qu’il juge anachronique). Face à la réification de l’existence, et à son corollaire l’Homo oeconomicus, on se doit d’échapper à la fois à la tendance utilitariste du système marchand classique tarifé, en réhabilitant la gratuité, le don, le bénévolat, la notion de bien commun et d’intérêt général – un simple retour au bon sens pratique que l’on peut expérimenter au sein de sa communauté militante (prêt interne entre camarades à taux 0, donner au lieu de jeter, échange de services…) – et au laïcisme à tout crin du type Charlie Hebdo, en respectant les croyants et les religieux de tous bords, car ils sont également en quête d’autre chose et peuvent potentiellement être des alliés dans notre combat contre le monde moderne…

Ainsi, nos existences sont avant tout des suites de petits gestes qui ont une portée politique et sociale : le choix de nos métiers, de nos loisirs, etc., est non seulement le reflet de notre dimension spirituelle mais aussi la projection de nous-mêmes. Et si ces choix quotidiens ont l’air prosaïques, voire dérisoires, ils sont pourtant tout aussi politiques que nos actes militants basiques (tractage, collage…), et peuvent même les dépasser… C’est avec notre aspiration à un autre monde que nos milieux pourront enfin influencer le réel. À terme, le monde moderne sera devenu le nôtre, et ce par l’unique force de notre volonté !

Xavier Eman

separateur

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

2 commentaires

  1. Il est une autre arme : la promotion outrageuse du « républicanisme » (dont la milice n’est autre que le « front républicain » et le crédo – ou « chant de combat » – les prétendues « valeurs républicaines » parmi lesquelles l’on trouve la tolérance sans condition de ce qui n’est pas « soi ») et la stigmatisation systématique du « nationalisme » qui consiste à dénigrer tout ce qui fait « soi » (l’Histoire, la foi en l’immanence ou la transcendance, la culture et lest traditions héritées de ses parents et de ses aïeux, la singularité et la liberté de la Nation …)

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