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Quand le Rideau de fer fut démantelé, les forces morales, enfin libérées, provoquèrent les retrouvailles fécondes des patries charnelles et des élans spirituels.
Quand le Mur de Maastricht tombera, on pourra, de nouveau, en France, reparler de la France, évoquer les racines, les protections, les nécessaires filiations, les communautés d’affection. On pourra parler aussi d’Europe confédérale et de francisation de la France, car l’identité est toujours la soeur siamoise de la souveraineté.

On retrouvera la politique, au sens fort du terme, c’est-à-dire au sens de la force des idées qui mènent le monde. La politique s’est dégradée en un protocole compassion et un exercice de voyeurisme : on a mis des compresses pour soigner des hémorragies. Et les hommes politiques sont devenus visiteurs de crash. On choisit, aux élections, dans le premier rang, celui qui pleure le mieux.

Bientôt s’allumera une autre luciole, une petite lumière d’espoir, c’est l’instinct de transmission et de génération. Il y aura – parce que c’est la nature qui toujours triomphe – des isolats de résistance de plus en plus nombreux.

Les « Modernes » ont voulu la stérilisation, ils l’ont organisé pour eux-mêmes. Le marché des mères porteuses ne sera pas suffisant pour la fourniture d’enfants des couples désaffiliés. Les apprentis sorciers qui s’en prennent à la famille et au mariage vont faire briller demain, dans leur miroir inversé, le don de la vie comme une rareté, un scintillement diamanté.

Le temps de l’homme désinstitué va finir. On voudra se réaffilier, se rattacher, savoir d’où on vient. Comprendre que chacun doit forger l’anneau de sa mémoire.

Partout, déjà, les dissidents arrivent en place publique. C’est la grande catacombe à ciel ouvert. La « Manif pour Tous » en fut un acte inaugural. Une belle luciole, la chandelle des Veilleurs et des Invisibles.

Demain, s’étendra une marqueterie discrète de cellules de dissidence française qui composeront une société parallèle, une culture parallèle, qui ouvriront des écoles parallèles hors contrat, pour échapper à la rééducation permanente des pédagogistes et ministres analphabètes.

Et se multiplieront, à l’écart des circuits officiels, les associations d’entraide, avec de multiples capillarités créatives qui finiront par miner la dictature de Big Mother, maternante mais malhabile à dresser la nature contre la nature.

Le progressisme est mort. Il a sombré dans la technophilie. Mais il ne le sait pas encore. Un jour, on retrouvera les étymologies : la patrie, la terre des pères, renvoie à la paternité. La nation, la naissance, renvoie à la maternité. On a voulu fabriquer une société de frères sans père ni mère. Il faudra bien le reconnaître, face à la guerre contre la famille et contre la famille des familles – la communauté nationale -, l’objection de conscience, le refus de l’impôt quand on ne voudra plus payer de sa vie la mort des autres. Les premiers objecteurs iront en prison. Puis les murs de la prison tomberont, on ne pas emprisonner tout un peuple. Car ceux qui luttent contre la vie et brisent les attachements vitaux ont choisi de ne pas survivre. Ils feront place nette. Ils n’auront pas de successeurs. Les derniers survivants seront les enfants des cercles de survie, les évadés de l’ordre marchand.

Philippe de Villiers

Extrait de « Le moment est venu de dire ce que j’ai vu »

Albin Michel (2015)

separateur

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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