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Avez-vous entendu parler du shadow banking ? Probablement pas. Pourtant, vous devriez. La finance de l’ombre comprend toutes les opérations financières qui ne se trouvent pas aux bilans des banques. En effet, les nombreux acteurs de la finance de l’ombre (banques d’affaires, hedge funds, fonds de titrisation, fonds monétaires, fonds de pension, mutuels, d’assurance-vie, trusts et même les établissements de crédit à la consommation) ne sont pas soumis aux réglementations bancaires en vigueur car ils ne reçoivent pas de dépôts de la part de leurs clients. Les principales banques traditionnelles (certaines françaises comme la BNP) développent des fonds spéculatifs qui leur permettent de rentrer sur des marchés parallèles, de gré à gré, et ainsi d’échapper au contrôle des autorités et aux règles prudentielles des réglementations Bâle I, II et III. Elles spéculent sur un marché incontrôlé et incontrôlable.

Dominique Plihon, professeur d’économie à Paris XIII et spécialiste de la question, déclarait récemment au magazine Challenges que « les banques se tournent de plus en plus vers le marché de gré à gré qui, lui, est de moins en moins régulé. Il est devenu incontrôlable et se caractérise par l’absence de chambres de compensation et de règles communes à l’ensemble des opérateurs de marché. Sur ces marchés, les institutions financières ont la possibilité de se couvrir contre les risques de taux d’intérêt et de taux de change, mais aussi de spéculer avec un paiement initial faible, voire nul. »

Selon plusieurs instances d’observation de la finance internationale, la finance de l’ombre pesait entre 60.000 et 75.000 milliards de dollars en 2013. Ce chiffre représente le quart de la totalité des actifs financiers mondiaux, la moitié du système bancaire traditionnel et l’équivalent du PIB mondial annuel. La zone euro est particulièrement concernée par ces activités (25.000 milliards de dollars, soit le tiers des échanges mondiaux de ce type).

La financiarisation de l’économie fait peser un danger mortel sur le monde. Les bulles spéculatives créées par l’augmentation constante de la pratique du shadow banking menacent d’éclater et de provoquer une crise dont l’ampleur sera très probablement supérieure à celle de l’année 2008. À cette époque, les États ont sauvé les banques. Les États ont ensuite décidé de durcir les procédures de contrôle des marchés. Pour quel résultat ? Rien du tout. Les banques sont capables de se soustraire à toutes les mesures prises pour limiter leur capacité de nuisance. La crise des subprimes n’a pas entraîné un mouvement mondial de régulation de l’activité financière au profit de l’économie réelle car les spéculateurs ne recherchent que les profits les plus immédiats. Ils n’investissent pas dans le durable. Les États européens, et les États-Unis, sont incapables de s’opposer correctement à ce pouvoir supérieur qu’est l’argent fictif dans une société de l’échange instantané.

L’idéologie qui laisse prospérer l’économie abstraite incarnée par le shadow banking est aussi responsable du chaos migratoire actuel. Les réalisations durables de l’homme, sur le plan de la civilisation, sont les cibles d’une funeste oligarchie déterritorialisée. Nous allons au-devant d’un nouveau choc économique, une nouvelle fois dévastateur. Vous voilà prévenus.

Gabriel Robin,

pour Boulevard Voltaire

separateur

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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