Il n’y a pas de syndicats dans l’armée. La grande muette serre donc les dents, et peine à faire entendre sa douleur. Pourtant, depuis plus d’un an et demi que dure le plan Sentinelle, mis en place en janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo, nombreux sont les soldats à être lassés d’un métier qui ne correspond pas à ce pourquoi ils s’étaient engagés. L’été 2016 a été celui de la surchauffe: après l’attentat de Nice, le plan Sentinelle a été prolongé tout l’été pour 10.000 hommes , ce qui a occasionné des suppressions des congés, des annulations de permissions. Certains soldats en ont tellement assez qu’ils décident de quitter l’armée. (…)

De nombreux experts militaires, comme Bénédicte Chéron, Florent de Saint Victor, Michel Goya, Elie Tenenbaum, ont critiqué la légitimité et l’efficacité dans la durée du plan Sentinelle. Elie Tenenbaum, auteur d’un rapport de l’IFRI très complet publié en juin 2016 et intituléLa Sentinelle égarée, pointait du doigt un «contexte de frustration lié à des missions peu valorisantes et à la montée des incivilités». «Les militaires n’ont pas le blues seulement parce qu’ils sont sur-sollicités, mais parce qu’ils pratiquent une mission contestée et contestable » rappelle aussi Benédicte Chéron.

Avant les militaires vivaient selon un rythme ternaire: entraînement /Opex (opérations extérieures) /repos. Avec la généralisation du plan Sentinelle, ils ont basculé sur un rythme quaternaire: entraînement /Opex /repos /sentinelle. Ils passent désormais 50 % de leur temps en opération intérieure et 15 % en opérations extérieures (contre 5 % en opération intérieure et 15 % en opérations extérieures avant 2015). L’entraînement en pâtit sévèrement. «Alors que l’objectif de la LPM 2014-2019 fixait à 90 le nombre de journées de préparation par an, cette moyenne est descendue à 59 en 2015 du fait des engagements intérieurs», écrit Tenenbaum. 70 % des rotations dans les centres d’entraînement spécifiques ont été annulés en 2015.

«On est en train, lentement, mais sûrement, de perdre tous les acquis tactiques accumulés au Mali et en Afghanistan» s’inquiète le général, Bruno Dary. «La condition physique a baissé. On ne fait plus de sport, les gens sont fatigués», confirme Benoît, qui a lâché l’armée. «Il n’y a plus de sélection au niveau du recrutement», déplore-t-il. «Avant, mon régiment n’acceptait que des E1 [NDLR: les militaires du rang sont classés en trois groupes selon leur niveau E1, E2, E3), aujourd’hui il accepte des E3. C’est la génération Bataclan», ricane-t-il. «Ils s’engagent sur le coup du ‘je suis Charlie’, mais sur le terrain, il n’y a plus personne. On recrute 50 personnes, et à la fin il en reste 15.»

Lire l’article complet sur LeFigaro.fr

separateur

Rédigé par Dissidence Française

www.la-dissidence.org

1 commentaire

  1. Il y a un rapport sur le moral et si mes souvenirs sont bons un conseil supérieur de la fonction militaire. C’est fait pour se plaindre si nécessaire. Des fois la carrière est écourtée mais il faut savoir ce que l’on veut.

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