13ème rencontre du Centre Polaris : Verbatim de l’intervention de Vincent Vauclin

Samedi dernier, Vincent Vauclin était invité à intervenir lors de la 13ème rencontre nationale du Centre d’Études Polaris, centre d’idées italien dirigé par Gabriele Adinolfi. Cette rencontre nationale portait sur les 50 ans de Mai 68, voici le compte-rendu de cet échange.


G. Adinolfi : Peux-tu donner rapidement un petit portrait de votre vision actuelle en tant à la fois que jeune et français dans cette société aujourd’hui ?

V. Vauclin : Bonjour et Merci Gabriele. J’ai 28 ans et j’appartiens à ce que certains appellent la génération Y. Notre génération n’a pas connu les 30 glorieuses, elle n’a pas connu la guerre, et elle n’a pas connu le plein emploi etc… Nous ce qu’on connait c’est le chômage, le multiculturalisme, et c’est finalement cette société liquide dont tu parlais, cette société libérale-libertaire et mondialiste. Et le constat qu’on fait, c’est que Mai 68 est devenu un totalitarisme orwellien, qui débouche sur un individualisme-conformiste et un mondialisme forcené ; c’est vraiment pour nous un basculement, l’ultime mutation du monde moderne.

Et ce qu’on observe aujourd’hui c’est que les soixante-huitards, qui était les jeunes d’avant, sont aujourd’hui une caste vieillissante, qui détient tous les pouvoirs en France et qui continue d’imposer sa doxa à une jeunesse qui n’en veut pas. C’est-à-dire que les mirages de mai 68 prennent de moins en moins dans la population, et encore moins dans la jeunesse. L’analyse qu’on fait aujourd’hui c’est plutôt une « droitisation » de la jeunesse, contrairement à ce qui pouvait être le cas il y a 50 ans.

Pour nous, le déclassement, l’effacement c’est notre seul horizon si on ne fait rien. Cette « droitisation » de cette jeunesse, pour nous elle doit déboucher sur une révolution conservatrice. C’est-à-dire un contre-Mai 68, non sur une tendance de droite libérale et financière, de droite molle, mais au contraire pour balayer une bonne fois pour toutes les illusions du progrès.

50 ans de Mai 68 nous mettent dos au mur. Aujourd’hui on est obligé de penser une nouvelle radicalité, puisque les solutions purement réformistes ne suffiront pas à relever notre pays et à donner un nouvel horizon à notre jeunesse. C’est pour ça que la radicalité politique n’est plus quelque chose qui est tabou dans la jeunesse de France.

Aujourd’hui, pour nous, il y a deux priorités : c’est d’une part d’organiser des avant-gardes opératives et d’autre part de formaliser une nouvelle vision du monde qui puise dans notre héritage européen et dans notre héritage français, et en même temps qui va se projeter en avant pour conquérir, pour reconquérir des thématiques qui avant étaient laissées à la gauche, par exemple le social, par exemple l’écologie, le numérique, etc.

J’ajouterai une dernière chose : la reconquête dont on parle, ce n’est pas simplement un mot d’ordre d’agitement médiatique. On ne peut pas se contenter simplement de faire du cosmétique. On ne veut pas se laisser piéger par le Spectacle. On est obligé d’incarner cette réalité de la reconquête et ça implique nécessairement la refondation d‘un « type humain » d’une certaine façon, comme pouvait en parler Julius Evola lorsqu’il évoquait « les hommes de l’Ordre ».

G : Avant qu’on aborde les questions, même si ce n’est pas vraiment le sujet de la discussion, peux-tu faire un résumé rapide de ce que c’est la Dissidence Française ?

V : Très simplement la Dissidence Française c’est un mouvement politique qui est né il y a 7 ans. À la fois national et social, c’est une communauté d’action politique, culturelle, sociale qui se veut avant-gardiste, opposée à l’idéologie libérale comme au mondialisme cosmopolite. Nos axes de travail c’est évidemment l’action sur le terrain. C’est aussi la formation, la formation de nos militants, l’organisation de conférences, un travail important de publications etc. Et surtout, la refondation du nationalisme français puisqu’aujourd’hui le nationalisme français est relativement « has-been », décalé des réalités, poussiéreux. On peut résumer la ligne de la Dissidence Française par ses deux mots d’ordre : avant-garde et reconquête.

Question : Face au mur de la pensée unique qu’on trouve habituellement, surtout en particulier en France, comment vous faites pour organiser des choses en public, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

V : Alors, les difficultés il y en a plusieurs : premièrement la loi, puisque la loi en France est extrêmement répressive contre le nationalisme, le patriotisme. L’idée même d’opérer une discrimination entre français et étranger c’est à la limite de la légalité aujourd’hui. Le deuxième point de difficulté c’est que le nationalisme français lui-même est très divisé. Je pense que c’est partout pareil. Par exemple en Italie je suppose qu’il y a un certain nombre de mouvement nationalistes qui ne s’entendent pas. C’est un autre débat. Mais on a quand même une force, c’est justement cette nouvelle génération qui monte, qui arrive et qui est affranchie en quelques sortes des tutelles du passé.

En fait il y a beaucoup moins de tabous aujourd’hui qu’avant dans le champ politique, ou alter-politique comme on pourrait l’appeler. C’est ce qui permet à notre mouvement de se développer malgré, effectivement, les attaques du système. Que ce soit des attaques sur le plan judiciaire, ou des attaques plus subtiles comme par exemple la fermeture de notre compte bancaire, ou des choses comme ça, mais on arrive toujours à trouver des solutions aujourd’hui à l’ère d’internet.

Ce qu’on dit souvent, que nous sommes en 1988, c’est-à-dire un an avant la chute du mur du Berlin en quelques sortes.

Question (G) : Est-ce que la défaite psychologique de Marine Le Pen, car ce n’est pas une défaite électorale, pose plus de problèmes ou plus d’avantages pour la vivacité du nationalisme français ?

V : Je pense que c’est les deux. De manière générale, disons que la victoire d’Emmanuel Macron a effectivement déclenché une recomposition politique. Le parti socialiste s’effondre, la droite parlementaire s’effondre. Et le FN, qui a essayé de se positionner comme son seul adversaire, lui-même est en crise.

Et je pense qu’au FN, qui d’ailleurs va changer de nom, le principal problème aujourd’hui c’est concrètement Marine Le Pen, même si très peu osent encore le dire. Mais c’est évident. L’électorat FN est toujours là, les problèmes sont toujours là. Simplement il va y avoir une reconfiguration aussi de la droite nationale et de la droite radicale je pense. Et c’est là que nous, nous avons une carte à jouer.

Je pense qui les années qui viennent vont être assez décisives pour le FN et pour la droite nationale de manière générale.

Question (G) : Jusqu’à l’année dernière j’avais l’impression qu’en France, « L’Europe » était un mot tabou dans le monde nationaliste, qui auparavant avait été très largement nationaliste européen. J’ai l’impression qu’aujourd’hui cette idée européenne a repris dans le milieu nationaliste. Est-ce que je me trompe ?

V : Il est vrai que, pour ce que j’ai connu du nationalisme français, il est effectivement et il a très longtemps été souverainiste, très chauviniste et assez hostile à l’idée européenne de manière générale. L’idée impériale européenne, c’était un rejet complet.

Et je pense qu’aujourd’hui c’est un peu plus compliqué puisque la question européenne n’est plus taboue. Pourquoi ? parce que je pense que la jeunesse commence à comprendre que l’UE et l’Europe c’est deux choses différentes comme la France et la République c’est deux choses différentes.

Il y a toujours une majorité de tendance strictement souverainiste effectivement, mais ça peut évoluer, surtout si on fait comprendre – et c’est ce que j’ai notamment voulu faire dans mon livre « Minuit » – que l’idée impériale européenne peut être un nouveau mythe mobilisateur pour la jeunesse, pour les avant-gardes dont je parlais au début.

G : Vincent, je te remercie d’avoir participé. À bientôt.


Découvrez le bilan complet de la journée en cliquant-ici


Conseil de lecture :

Auteur : Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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