Entretien avec Vincent Vauclin (Synthèse Nationale)

Entretien paru dans le n°49 de la revue Synthèse Nationale (été 2018) dirigée par Roland Hélie.


Depuis quelques années, les nationalistes ont pris l’habitude de voir, lors des manifestation notamment, les drapeaux noirs de la Dissidence Française claquer au vent. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la Dissidence Française ?

La DF, c’est le mouvement d’une génération décomplexée qui ne recule plus devant le politiquement correct et qui choisit l’engagement plutôt que la résignation. À la fois mouvement politique, communauté d’actions et pôle de refondation, la Dissidence Française est une organisation qui porte un projet de rupture avec le mondialisme libéral et la pensée unique post-soixante-huitarde. Nous sommes présents un peu partout sur le territoire, nous organisons des activités variées (manifestations, collages d’affiches, distributions de vivres aux français de la rue, conférences, formations sportives etc…) et formulons des propositions nouvelles pour répondre aux enjeux auxquels notre pays est confronté.

Nous vivons une époque de dissolution généralisée où règnent l’individualisme et le conformisme. Une part croissante de la jeunesse d’aujourd’hui étouffe sous le poids d’un totalitarisme orwellien qui avance de plus en plus à visage découvert. La Dissidence Française est en première ligne pour opposer une alternative nationale et sociale à cette société moderne qui destine la jeunesse de France au déclassement et à l’effacement. C’est la raison pour laquelle nous ne négligeons aucun front et sommes présents tant sur le terrain des idées que sur celui de l’action, parce qu’il importe d’offrir une perspective nouvelle à notre génération.

Votre mouvement est donc le nouveau venu dans le paysage politique national. Mais vous référez-vous à des expériences passées ?

Nous sommes positionnés au carrefour des différents courants du nationalisme Français, d’une part parce que nous sommes effectivement les héritiers d’un combat de longue date, et d’autre part parce qu’il s’agit pour nous de dépasser les divisions et les querelles stériles qui depuis trop longtemps nuisent au combat national. Mais il ne s’agit pas répéter les erreurs du passé, de ressasser les mêmes slogans, de reproduire les mêmes méthodes. La Dissidence Française assume un rôle d’avant-garde et n’hésite pas à brusquer certains conformismes. Il convient aujourd’hui de se réapproprier des thématiques trop longtemps laissées au monopole de nos adversaires (la question sociale par exemple, ou celle de l’écologie), et de forger un nouveau nationalisme adapté aux enjeux contemporains. C’est la raison pour laquelle nous avons publié un programme politique complet et actuel, susceptible de rassembler largement notre camp et au-delà. Et c’est aussi ce qui explique notre volonté de développer une esthétique radicalement nouvelle et une communication particulièrement efficace.

Quel est votre itinéraire militant personnel ?

Personnellement, mon parcours reflète celui de ma génération. Je suis issu de la gauche radicale, par défaut si je puis dire, et mon cheminement m’a progressivement amené à questionner l’idéologie dominante. Je me suis rapidement rapidement rapproché du camp national, constatant les contradictions des mouvements gauchistes (sur les questions migratoires notamment), et je me suis intéressé aux subversions philosophiques qui ont enfanté le monde moderne, l’individualisme libéral, et le mondialisme niveleur. J’ai alors fondé la Dissidence Française avec d’autres camarades et nous avons peu à peu développé cette organisation pour en faire un mouvement d’envergure nationale et une force de reconquête. Ces diverses expériences militantes, ces lectures et ces réflexions m’ont amené à formuler une vision du monde empruntant notamment aux conceptions d’Evola et de Venner, et que j’ai synthétisé dans mon dernier livre, Minuit, paru en 2016.

L’emblème de votre organisation, en noir et blanc, représente un cercle à l’intérieur duquel deux éclairs se réunissent pour former une flèche orientée vers la droite. Quelle est la signification de ce logo ?

Cet emblème, nous l’appelons le « Fer de lance ». Il est porteur de plusieurs significations. En premier lieu, son esthétique moderne et son style agressif représente notre volonté assumée de casser les codes, d’inventer une esthétique nouvelle, de régénérer le combat national. Des deux éclairs qui se réunissent pour former une flèche, l’un vient du haut : il représente notre exigence intellectuelle, notre volonté de formation idéologique et d’affirmation spirituelle ; l’autre vient du bas, il représente l’action, l’engagement concret et inlassable de nos militants sur le terrain au service de notre idéal. Et ce n’est que par la conjonction de ces deux éclairs que s’esquisse un troisième élément fondamental : cette flèche centrale, offensive, invariablement orientée vers la Droite, qui symbolise un cap et une convergence des énergies vers un même but. Loin des logos politiques habituels fades et standardisés, notre emblème correspond exactement à ce qu’est la Dissidence Française : à la fois un mouvement, une dynamique, et une direction.

Vous avez écrit un ouvrage sur l’immigration intitulé « Remigration ». Cela a le mérite d’être clair. Pouvez-vous nous résumer la position de la DF sur « l’identité nationale » ?

La définition fondamentale de la nationalité a toujours été la même. La nation, c’est un espace géographique, politique, culturel et identitaire. C’est une langue, des paysages, un art de vivre. C’est un peuple qui partage une histoire commune et une destinée singulière. Cette conception enracinée de la nation a été commune à presque tout les peuples du monde depuis toujours, et implique nécessairement d’opérer une discrimination – c’est-à-dire une distinction – entre ce qui est national et ce qui est étranger, entre ce qui vient d’ici et ce qui vient d’ailleurs.

Ce n’est que très récemment que cette définition a été renversée. Aujourd’hui, l’appartenance nationale se résume à une seule exigence : l’adhésion aux « valeurs de la république », c’est-à-dire à des principes modernes, abstraits et creux qui ne correspondent en rien à l’identité charnelle et historique de la France. C’est véritablement un renversement sans précédent dans l’Histoire de notre pays, puisqu’en quelques décennies des millions d’étrangers ont acquis la nationalité Française sans en partager les moeurs, la culture ni même parfois la langue, et c’est ce qui explique le phénomène de sédition communautariste qui se développe aujourd’hui et fait le lit du terrorisme islamiste.

Le processus que Renaud Camus a nommé le Grand Remplacement – c’est-à-dire le remplacement de la population française de souche par des populations étrangères – est une réalité sensible. Bien sur, cette réalité n’apparaît pas dans les statistiques officielles, ou alors simplement en filigrane. Mais elle est là. De plus en plus de Français la perçoivent, s’en alarment, car ils voient peu à peu leur pays s’effacer, s’estomper, et laisser la place à une société multiculturelle, multiethnique – et donc nécessairement multiviolente – qui bouleverse sa physionomie millénaire.

La position de la Dissidence Française est sans équivoque : nous devons restaurer les frontières, stopper l’immigration massive, et engager un processus d’inversion des flux migratoires – ce que nous appelons la remigration – en refondant le principe de nationalité, en abolissant le droit du sol, et en établissant la préférence nationale. En résumé, il faut tuer le multiculturalisme avant qu’il ne nous tue.

Propos recueillis par Roland Hélie, pour Synthèse Nationale.

Auteur : Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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