Gilets Jaunes : de la fronde à la reconquête

Texte de Vincent Vauclin paru dans le numéro hors-série spécial « Gilets Jaunes » de la revue Synthèse Nationale.


Après plusieurs semaines de mobilisation et de répression, le mouvement des Gilets Jaunes est aujourd’hui parvenu à un tournant. Combinant des manifestations d’ampleur dans les grandes villes de France à des actions sporadiques ciblant les centres névralgiques de la société liquide (ronds-points, dépôts pétroliers ou centres commerciaux), les Gilets Jaunes sont parvenus en deux mois à épuiser les forces de l’ordre, monopoliser l’attention médiatique et faire reculer un gouvernement tétanisé.

IL A SUFFIT D’UNE ETINCELLE

C’était du jamais-vu depuis les évènements de Mai 68. Dos au mur, cherchant désespérément une issue à ce qui s’apparente à une situation pré-insurrectionnelle, le gouvernement Macron a multiplié les tentatives pour juguler la fronde populaire, diviser le mouvement, stigmatiser ses mots d’ordre et neutraliser ses éléments les plus vifs. Bilan : des centaines de blessés, une dizaine de morts. Sans compter les milliers d’interpellations, de comparutions immédiates, de détentions arbitraires. Si une telle répression s’était déroulée en Hongrie, en Pologne ou en Slovaquie, il ne fait aucun doute que les gouvernements occidentaux auraient rivalisé de sévérité dans leurs condamnations indignées du régime autoritaire responsable de ces violences. Seulement voilà, nous ne sommes ni en Hongrie, ni en Pologne, ni en Slovaquie.

Il n’en demeure pas moins que le Camp du Bien éprouve des difficultés croissantes à justifier sa légitimité et maintenir l’illusion du consensus là où il n’y a en réalité qu’un rapport de force constant entre une lobbycratie hors-sol et un peuple condamné au déclassement et à l’effacement. Le feu couvait sous les cendres, et il n’aura suffit que d’une taxe de plus et d’une vexation présidentielle de trop pour raviver les braises de la révolte. Réfractaires, les gaulois ? Assurément.

LA MACRONIE RIPOSTE

Pour tenter de sortir de la crise, Macron et son gouvernement feigne désormais de jouer la carte du dialogue, d’un « Grand Débat National », après avoir pourtant assuré durant deux mois qu’ils ne reculeraient sur rien. Et si personne n’est dupe de cette piètre tentative de reprendre la main, le fait est qu’en abattant la carte de la négociation le gouvernement change la donne et reprend l’initiative. Car une négociation suppose nécessairement deux parties clairement identifiées et capables d’opposer arguments et propositions dans la perspective d’un compromis ou, tout du moins, d’un semblant de débat public.

Mais protéiforme par essence, aux revendications parfois floues et contradictoires – bien que rassemblées dans un rejet unanime de Macron – et dénué d’une structure nationale et de responsables légitimes, le mouvement des Gilets Jaunes n’est tout simplement pas armé pour mener le combat sur le terrain politique. C’est pourtant bien là qu’il faudra poursuivre la bataille à l’avenir, lorsque la répression policière, les manipulations médiatiques et la désorganisation auront finalement eu raison des barricades.

QUELLE ISSUE POLITIQUE ?

Une question se pose donc aujourd’hui aux Gilets Jaunes : quelle issue politique offrir à la mobilisation ? D’emblée, la question de la représentation et de l’incarnation s’est posée, divisant le mouvement entre supporters de tel ou tel leader autoproclamé, et escamotant sous le voile des contingences les questions essentielles de l’organisation et de la formulation d’une alternative politique à la société libérale. Une aubaine pour l’extrême-gauche qui n’a pas manqué de profiter de cette confusion pour marteler ses slogans et tenter une récupération de la mobilisation au risque de rompre le lien qui l’unit à la majorité des Français et de dénaturer sa signification latente.

Car si le mouvement des Gilets Jaunes semblait d’abord se résumer à une fronde néo-poujadiste bornée à la seule question du pouvoir d’achat, il s’enracine en réalité dans l’inquiétude bien plus profonde d’une France périphérique oubliée et reléguée aux marges de la mondialisation, victime de la désertification et de la désindustrialisation.
Déclassement, effacement, remplacement : trois mots qui résument trois décennies de choix politiques déconnectés du pays réel et de gouvernements stipendiés dont Macron incarne aujourd’hui la synthèse la plus caricaturale.

Un malaise profond que les quelques miettes lâchées par ce gouvernement n’ont fait qu’accentuer, et qui appelle des réponses d’un autre ordre que les recettes éculées du siècle dernier. Car c’est une page qui est en train de se tourner, et tandis que partout en Europe les illusions libérales et post-soixante-huitardes sont emportées par la vague populiste, les Français viennent d’ouvrir une brèche dans le mur qui barre la route de leurs espérances.

Longtemps marginalisée et tenue pour un vestige d’une période révolue, l’idée nationale se révèle aujourd’hui d’une actualité aussi brûlante qu’un feu de palettes. Car face à la mondialisation sauvage et à la crise écologique, elle seule propose le localisme, la détaxation de proximité et le protectionnisme raisonné ; aux migrations incontrôlées qui plombent notre système social et font le lit de la sédition communautariste, elle seule répond par la préférence nationale, l’abolition du droit du sol et la remigration ; à l’arbitraire d’une lobbycratie nomade et prédatrice, elle seule oppose le principe de souveraineté populaire, de subsidiarité et d’enracinement.

L’issue du mouvement des Gilets Jaunes sera donc nécessairement celle d’une reconquête nationale, sociale et identitaire qui devra trouver sa représentation politique aux marges de ce Système à bout de souffle, là où échappent à la doxa de la pensée unique et au politiquement correct les dissidents du nouveau siècle que sont les nationalistes français.

Vincent Vauclin

Pour la revue Synthèse Nationale


Auteur : Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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