Vincent Vauclin : « Dissidence Française, c’est le mouvement d’une génération »

Après la campagne des élections européennes et à l’occasion de la rentrée militante de la Dissidence Française, Vincent Vauclin répond aux questions du média d’idées Soverain.


Comment décririez vous brièvement Dissidence Française ? Sa ligne idéologique ? Quelle est sa vocation dans la vie politique actuelle ?

Communauté d’actions et d’idées, pôle de refondation, et désormais parti politique, la Dissidence Française est le mouvement d’une génération qui n’hésite pas à défier le politiquement correct et qui assume le projet d’une rupture nette avec le mondialisme libéral et l’idéologie cosmopolite. Se plaçant au carrefour des différents courants du nationalisme français, notre organisation développe des propositions concrètes pour répondre à la crise de représentation politique qui traverse notre pays et pour relever les défis qui se posent aujourd’hui. Ainsi, face à la submersion migratoire et au Grand Remplacement, nous assumons un discours de vérité et proposons l’organisation d’une politique de remigration, impliquant notamment l’abrogation du droit du sol, du droit d’asile et du regroupement familial, l’instauration immédiate de la préférence nationale et l’expulsion systématique des clandestins. Face au racket fiscal et à la concurrence déloyale, nous proposons la mise en oeuvre d’une politique de définanciarisation et de relance protectionniste et localiste de notre économie, pour la mettre au service des territoires et des forces productives, et non de la finance spéculative et des grandes multinationales. Enfin, face aux ingérences étrangères et à la tyrannie des lobbies ou des minorités communautaires, nous voulons restaurer la souveraineté de l’Etat et l’indépendance de la Nation en rénovant les institutions et en établissant la primauté de l’intérêt national sur les intérêts particuliers. En résumé, notre vocation est de faire bouger les lignes à droite, d’imposer nos thématiques dans le débat public et de démasquer les imposteurs de tous bords.

Quel est votre rapport avec la pensée de Julius Evola ?

L’oeuvre d’Evola a exercé une influence certaine sur ma vision du monde. Penseur inclassable, doté d’une acuité intellectuelle rare et d’une hauteur de vue remarquable, Julius Evola fut un visionnaire qui a su saisir les implications profondes de la modernité et développer une métaphysique de l’Histoire doublée d’une radicalité opérative qui ouvre des perspectives de combat contre la décadence bourgeoise, les utopies humanistes et l’idéologie des Lumières. Dans la période de dissolution et de confusion généralisée que nous traversons, ses écrits sont autant de sémaphores qui nous permettent de nous orienter et de maintenir un cap en évitant les écueils de la dispersion et de la démagogie. Ainsi, ses conceptions traditionnelles de l’Etat, de la société organique, du rapport entre les hommes et les femmes, de l’aristocratie et de la guerre, de l’Europe ou encore de la culture sont plus que jamais d’actualité et constituent l’une des sources d’inspiration essentielle de cette révolution conservatrice pour laquelle nous oeuvrons.

Votre projet de souveraineté intégrale peut faire penser au nationalisme intégral de Charles Maurras. S’agit-il d’un clin d’œil délibéré ? Avez-vous des liens avec le courant royaliste ?

Il est évident que Maurras compte parmi nos auteurs de référence, et l’on peut effectivement faire un parallèle entre l’idée de souveraineté intégrale que nous développons et la notion de nationalisme intégral. Nous n’avons par exemple aucun problème pour reconnaître que l’analyse maurrassienne des Etats Confédérés garde toute sa pertinence. Et même si aujourd’hui nous préférons parler de « lobbycratie » plutôt que de « coteries métèques », il n’en demeure pas moins que les maux alors identifiés par Maurras sont, pour la plupart, toujours d’actualité : tyrannie des partis, des loges et des minorités, subordination de l’intérêt général aux intérêts particuliers au nom d’un égalitarisme délirant, dichotomie entre le pays réel et le pays légal, crise profonde de représentation politique… Mais si nous partageons en grande partie le diagnostic ainsi posé, nous ne voyons pas dans l’option royaliste une issue politique à cette crise de régime. Sans évoquer les innombrables querelles dynastiques qui déchire le courant royaliste depuis des décennies, l’idée même d’un retour à la monarchie paraît tout à fait anachronique et, d’ailleurs, les quelques monarchies qui subsistent en Europe ne sont en rien épargnées par la vague de subversion qui s’abat notre continent. D’une manière générale, ce qui nous importe ce sont avant tout les principes qui innervent l’Etat et les politiques qui sont mises en oeuvre par son gouvernement. Le reste relève du décorum et d’un univers symbolique qui, même s’ils constituent des aspects importants en tant qu’oripeaux de l’autorité, restent secondaires au regard des enjeux des temps présents. En clair, que l’Etat nouveau pour l’instauration duquel nous militons se nomme « République Française », « Royaume de France » ou encore « Etat Français », là n’est pas l’essentiel à nos yeux. Ce qui nous importe, c’est que cet Etat nouveau exerce pleinement sa souveraineté, oeuvre au bien commun et se garde tant des ingérences étrangères que des versatilités démocratiques.

Dans votre programme, vous proposez une suspension de la participation de la France à l’Union Européenne, à l’Euro et à l’OTAN. Pourquoi parler d’une suspension de participation et pas d’une sortie claire ?

Les lignes bougent partout en Europe : en Italie, en Hongrie, en Autriche ou encore en Pologne, les partis du Système sont balayés et les peuples reprennent leur destin en main. La donne a changé, et pour la première fois nous avons l’opportunité de réorienter l’Europe pour l’arracher aux tutelles qui l’enserrent, l’affranchir des féodalités financières et édifier un nouveau modèle de coopération continentale. Ainsi, ce qui était hier impensable peut devenir possible demain, et ce serait une faute politique de tourner le dos à cette occasion historique. Car dans la perspective de cette reconfiguration, il est clair que la France aura un rôle déterminant à jouer et c’est la raison pour laquelle nous pensons que s’il est impératif de sortir de l’ensemble des traités qui restreignent l’exercice de notre souveraineté, il convient dans le même temps de proposer une alternative concrète à l’effondrement inéluctable de la technocratie de Bruxelles. Car à l’heure où le chiffre d’affaires des grandes multinationales excède le budget annuel de certains Etats, à l’heure où les guerres de nouvelle génération se déploient tant au niveau numérique que satellitaire et font intervenir des puissances privées en plus des Etats, à l’heure de l’explosion démographique de l’Afrique et de l’avènement d’un monde multipolaire, il est évident que seule une nouvelle coopération continentale – fondée sur les principes de concentricité, de subsidiarité et de souveraineté – peut garantir l’indépendance et la puissance de l’Europe, et donc la souveraineté de l’ensemble des Etats européens. Ce n’est pas seulement la France qu’il faut sortir de l’UE : c’est l’ensemble des nations européennes, avec lesquelles nous partageons une histoire et un destin commun, et aux côtés desquelles devrons relever des défis tels que l’échelon national se trouve de facto dépassé.

Que pensez vous de la liste menée par Jordan Bardella ? Du Rassemblement National de manière plus générale ?

Il faut regarder la réalité en face : le Rassemblement National est une imposture intégrale. Sur l’ensemble des sujets fondamentaux et déterminants pour l’avenir de notre pays, le RN louvoie et se contente d’une ambiguïté presque suspecte. Or, ce n’est ni dans l’ambiguïté ni dans des manoeuvres politiciennes à courte vue que s’écrit un projet de civilisation. On ne peut à la fois se prétendre « antisystème » et feindre « ne pas connaître la notion de Grand Remplacement » (Marine Le Pen, sur France 3 en mars 2019). On ne peut dénoncer l’idéologie de la Gauche et, dans le même temps, valider ses prémisses en considérant par exemple que le « mariage homosexuel est un acquis » (Jordan Bardella, sur RTL en juin 2019). On ne saurait s’élever contre le communautarisme et ses dérives, tout en tolérant en son sein des organisations ouvertement communautaires (création par un élu RN de l’association « Rassemblement National Juif » en novembre 2018). La liste des forfaitures du RN est longue, et il ne s’agit pas ici d’en dresser l’inventaire. Mais elles témoignent d’un fait significatif : la direction du RN, et en premier lieu Marine Le Pen, n’a aucune colonne vertébrale idéologique et navigue à vue au gré des sondages et des pressions médiatiques. Et si la « dédiabolisation » engagée par Marine Le Pen a pu donner l’illusion d’une victoire tactique à court terme, elle amorce en réalité une défaite stratégique à long terme : en reniant son héritage, en s’alignant sur le discours dominant et en reculant face aux pressions du système médiatique, l’équipe dirigeante du RN a fait la démonstration de son inconsistance, de son incapacité à tenir un cap et à se hisser à la hauteur des enjeux, sabordant ce qui fut longtemps le seul parti d’opposition nationale dans le paysage politique français. C’est ce constat qui nous a amené à considérer que nous n’étions plus représentés par le RN, et qu’il convenait donc de prendre nos responsabilités en transformant la Dissidence Française en parti politique à part entière.

Comment voyez vous l’évolution de la situation en France dans les prochaines années ?

La France n’est plus aujourd’hui que l’ombre d’elle-même. Assailli par les crises et asphyxié par un racket fiscal insoutenable, livré à la prédation des spéculateurs et des multinationales, frappé par le terrorisme islamiste et une délinquance endémique, submergé par une invasion migratoire sans précédent et menacé par le spectre de la sédition communautariste, notre pays est parvenu à la croisée des chemins. La mobilisation fulgurante des Gilets Jaunes fut le témoignage de l’exaspération légitime de millions de Français qui ne reconnaissent plus leur pays et s’inquiètent de ce qu’ils laisseront en héritage à leurs enfants. Mais l’Histoire nous enseigne que les périodes de crise aiguë constituent généralement le terreau d’où jaillissent les idées neuves et les forces qui auront la charge de les représenter. J’ai l’audace de penser que c’est nous – les nationalistes, les identitaires, les patriotes, les réfractaires, bref les dissidents Français – qui avons la responsabilité historique de faire entendre une autre voix, de balayer les derniers vestiges de l’ordre ancien, et de proposer une alternative nationale, sociale et identitaire à la hauteur des circonstances. C’est dans cette perspective que la Dissidence Française prépare, dès aujourd’hui, les prochaines échéances électorales et militantes, et appelle toutes les forces de résistance au Système à se rassembler sous l’étendard de la reconquête !


Auteur : Dissidence Française

www.la-dissidence.org

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