2011 – 2018 : l’émergence d’un mouvement activiste

Lancée en 2011 comme association de fait, la Dissidence Française se structure, multiplie les actions de terrain et devient une association loi de 1901 en 2013. Dès 2014, le mouvement se fait remarquer en participant à Jour de colère et aux manifestations organisées par La Manif pour tous contre le mariage homosexuel, appelant notamment les maires de France à refuser de célébrer des mariages gays. Quelques mois auparavant, le Grand Orient de France avait lancé un appel à la vigilance à tous ses ateliers à la suite d’un rassemblement hostile et antimaçonnique de la Dissidence française devant son siège, Rue Cadet à Paris.

Vincent Vauclin Jeanne 2016

Le mouvement cible en mars 2015 le Musée de l’histoire de l’immigration, sur lequel ses militants collent des affiches dénonçant le multiculturalisme. Cette action s’inscrit dans le cadre d’une campagne appelant à la remigration. Cette action est notamment condamnée par Fleur Pellerin, ministre de la Culture, Anne Hidalgo, maire de Paris, et SOS Racisme. Les Inrocks indique que la Dissidence française — comme Les Identitaires — utilise la provocation et les réseaux sociaux pour accroître son audience et sa visiblité. Pour Nicolas Lebourg, la Dissidence française « a franchi un palier » à l’occasion de cette action, qui est selon lui « l’expression du fossé qui s’est créé depuis les années 90 entre l’extrême droite et le monde de la culture ». Dans son ouvrage Sur un nouveau moment antisémite paru en 2015 aux éditions Fayard, Pierre Birnbaum explique le programme de la Dissidence française « se réfère aux écrits du penseur italien Julius Evola et semble sortir tout droit des années trente tant il se réfère explicitement à la tradition fasciste du « sang et du sol », au serment, au culte des « hommes debout au milieu des ruines », au « refus de la mentalité bourgeoise », à la lutte contre les francs-maçons et, dans le vocabulaire d’aujourd’hui, aux « lobbies » ».

Pour Jean-Yves Camus, « la Dissidence française s’apparente à une forme de nationalisme-révolutionnaire […] s’approchant d’un fascisme de gauche en mettant l’accent sur les aspects anticapitaliste, populaires ou encore l’amélioration du sort de la classe ouvrière » et « peut être rattachée au courant Völkisch mais sans oblitérer les références à l’aristrocratisme évolien ». Dans le journal Présent, en août 2015, Vincent Vauclin explique que le mouvement italien Casapound est l’une de ses références.

Quelques mois plus tard, en novembre 2015, la Dissidence française participe à une manifestation contre l’immigration à Calais. Interrogé par Sputnik à propos de cette manifestation, Vincent Vauclin se défend des accusations de racisme mais déclare : « Nous autres, Blancs, nous avons le droit de vivre chez nous, entre nous et en paix […]. C’est un droit accordé à tous les peuples du monde, sauf aux blancs ». Il dénonce les « risques terroristes, sécuritaires et sanitaires » liés à l’immigration.

ReVolt2017 - Dissidence Française - 5

Durant l’année 2016, le mouvement poursuit son développement et entreprend une rénovation esthétique et stratégique intégrale destinée « à rompre avec les codes et les méthodes d’un nationalisme poussiéreux, muséographique et dépassé ». C’est dans ce contexte qu’est introduit le Fer de Lance, l’emblème de la Dissidence Française formé d’un cercle abritant deux éclairs symétriques, dont la conjonction esquisse une flèche orientée vers la droite. Selon Vincent Vauclin, cet emblème symbolise la vocation avant-gardiste de la Dissidence Française et sa volonté de concilier doctrine et action, tradition et modernité.

En février 2017, en pleine campagne présidentielle, la Dissidence Française organise un rassemblement Place de la Bourse à Paris sur le thème « Les nôtres avant les autres ». Vincent Vauclin expliquera qu’il s’agissait d’inviter le thème de la préférence nationale dans la campagne électorale.

2018 : la transformation en parti politique

En octobre 2018, la Dissidence Française annonce sa transformation en parti politique, constatant « d’une part l’inaptitude des partis d’hier à agir en-dehors des bornes de la pensée unique, et d’autre part le sabordage du Front National qui, sous l’impulsion funeste de Marine Le Pen, a renié jusqu’à son nom ». Le nouveau parti lance alors un appel au rassemblement de tous les nationalistes, identitaires et patriotes pour construire une grande force nationaliste de reconquête électorale.

Après l’annonce de la transformation du mouvement en parti politique en octobre 2018, le conseiller municipal du Havre Baptiste Gueudin annonce le 10 octobre 2018 quitter le Rassemblement national pour devenir le premier élu de la Dissidence française. Le site The Times of Israel s’alarme sur le fait « qu’un micro-parti d’extrême-droite identitaire antisémite fasse son entrée au conseil municipal du Havre ». Le 18 octobre 2018, Damien Lenoir, conseiller régional de Normandie et conseiller municipal du Havre, annonce à son tour quitter le Rassemblement national pour rejoindre la Dissidence française ; dans un entretien au Paris-Normandie, il explique sa décision en évoquant « la trahison de Marine Le Pen » et « les reniements à répétition du FN ».

Un mois après sa transformation en parti politique, la Dissidence Français organise une grande manifestation à Paris, intitulée la Marche de la Reconquête. Plusieurs centaines de manifestants se rassemblent lors cette marche pour dénoncer l’invasion migratoire et exiger l’application immédiate de la préférence nationale.

En décembre 2018, France Info indique que Vincent Vauclin, à l’instar de nombreux responsables nationalistes, participe à la mobilisation des Gilets Jaunes et se filme notamment en direct d’un blocage en Normandie. Il rappelle à cette occasion que les « nationalistes français dénoncent depuis des années le racket fiscal qui atteint aujourd’hui un seuil intolérable ».

Invité sur C8, dans l’émission Balance ton post ! du 11 avril 2019, notamment face à Esther Benbassa et Éric Naulleau, Vincent Vauclin « assume faire un lien entre immigration, délinquance et terrorisme » et déclare que « le grand remplacement est une réalité factuelle » s’appuyant notamment sur la « multiplication par 16 du nombre de mosquées en 40 ans ».

Vincent Vauclin Balance Ton Post

Le 3 mai 2019, la liste présentée par la Dissidence française, intitulée liste de la Reconquête, est validée par le ministère de l’Intérieur. Les candidats figurant en premières positions sont Vincent Vauclin, président du parti, Nicole Mina, conseillère régionale d’Occitanie, Damien Lenoir, conseiller régional de Normandie. La liste se positionne contre la mondialisation libérale, en concurrence directe avec le Rassemblement national et dénonce l’influence des lobbies dans les institutions européennes. La liste est également l’une des deux listes présentées lors de ce scrutin à adhérer à la thèse du grand remplacement et à proposer l’organisation d’une politique de remigration. Sur France Inter, Maxence Lambrecq estime que des élections « offrent une vitrine à un leader identitaire sulfureux, Vincent Vauclin » et que la présence aux élections « de deux listes extrémistes anti-islam est du jamais vu ». À la suite de la diffusion du clip de campagne de la liste sur les chaînes publiques, Vincent Vauclin est invité sur Sud Radio pour une émission sur le thème « Peut-on tout dire dans une campagne électorale ? ». La liste de la Reconquête rassemble finalement quelque 5 000 voix, arrivant en 28e position sur 34 listes, devant la liste Ligne claire, conduite par l’écrivain Renaud Camus, et la liste de l’Alliance royale menée par Robert de Prévoisin.

Vincent Vauclin - ReVolt2019 - DissidenceFrancaise 5

Le parti annonce durant l’été 2019 son affiliation au mouvement européen Alliance pour la paix et la liberté, dont sont notamment membres le NPD (Allemagne), le Mouvement Nation (Belgique), l’Aube Dorée (Grèce), Democracia Nacional (Espagne) ou encore Forza Nuova (Italie).

À l’automne 2019, la Dissidence Française annonce le lancement de deux nouveaux collectifs militants : l’Assistance Populaire – Solidarité Nationale (APSN), dédié à l’action sociale et à la promotion de la préférence nationale, et l’Initiative Écologiste Enracinée, dédié à la protection de l’environnement et à la promotion du localisme et de l’enracinement.

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